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Une trentaine de professionnels de la santé, de l'éducation et des médias se réunissent les 6 et 7 mars à l’Université de Sudbury pour le forum Le pouvoir de la parole. Organisé par FrancoQueer, l’événement vise à briser l'isolement et à transformer les milieux de travail francophones en Ontario pour favoriser l’inclusion des personnes 2SLGBTQIA+.
Dans le Nord de l'Ontario, où l’isolement géographique et social persiste pour les minorités sexuelles et de genre, le silence n'est plus une option. Pour les organisateurs de FrancoQueer, l'inclusion passe par un changement systémique.

Ces cahiers d’exercices offerts aux participants lors du Forum FrancoQueer 2026 visent à soutenir la réflexion sur l’inclusion et le pouvoir de la parole.
Photo : Radio-Canada / Déborah St-Victor
C'est d'avoir une approche systémique [...] parce que les personnes de nos communautés sont confrontées à des barrières, à des enjeux d'accès aux services, quels que soient les services, explique Arnaud Baudry, directeur général de FrancoQueer.
Il ajoute que cette première édition du forum met l’accent sur le pouvoir de la parole comme levier de transformation. L'idée est d'explorer l’impact du langage et des prises de position dans les milieux professionnels francophones.
La parole comme outil de sécurité
Pour un élève franco-ontarien ou un patient en milieu rural, entendre un professionnel utiliser un langage inclusif est un signal de sécurité. Les mots qu'on utilise ou le silence qu'on choisit de prendre quand on est face à une situation ont un impact sur les personnes, indique M. Baudry

Arnaud Baudry explique l’importance du langage inclusif pour les communautés 2SLGBTQIA+ francophones à Sudbury.
Photo : Radio-Canada / Déborah St-Victor
Anne-Sophie Ruest-Paquette , gestionnaire du programme jeunesse à FrancoQueer, pousse la réflexion plus loin et soulignent que les leaders jouent un grand rôle..
Le silence est un choix au même titre que la prise de parole dans certaines circonstances.
Quand on n'est pas en position de pouvoir, on peut dire que c'est une violence passive. Quand on est en position d'autorité et que c'est notre responsabilité de montrer l'exemple en matière d'équité, de diversité et d'inclusion, ce n'est pas une violence passive, c'est une violence active et explicite, dit-elle.
Mobiliser l’action concrète
Pour Sébastien Hardy, coordinateur en équité, diversité et inclusion pour le Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales, le forum est un catalyseur de projets.
C'est un événement qui va me permettre de rassembler du monde autour de projets inclusifs pour le Conseil scolaire et de créer des projets et des activités, dit-il.
L'objectif est, selon lui, de rendre la communauté arc-en-ciel visible à travers des actions ayant un vrai sens.

Stéphanie Dupuis (à droite) et Ashley Guénette (à gauche), artistes franco-ontariennes, communiquent l’inclusion et favorisent le dialogue à travers l’art lors du Forum FrancoQueer 2026.
Photo : Radio-Canada / Déborah St-Victor
La programmation du forum intègre des ateliers par l’art et des cercles de parole. Stéphanie Dupuis, artiste franco-ontarienne et membre de Bravo Art, souligne l'importance de cette collaboration pour créer des espaces inclusifs.
C'est vraiment important pour nous de collaborer avec les communautés 2SLGBTQ+ afin de créer des espaces inclusifs, créer un dialogue, puis aussi donner une opportunité aux gens d'engager avec l'art pour exprimer leur perspective, dit-elle.
Une francophonie inclusive
L'Université de Sudbury souhaite s'affirmer comme un pilier de cette francophonie plurielle.

Serge Miville souligne le rôle des institutions dans la promotion d’une francophonie inclusive et solidaire.
Photo : Radio-Canada / Déborah St-Victor
Il y a un besoin qui est à la fois historique, actuel et tourné vers l’avenir. Il faut toujours travailler à assurer que la société puisse être inclusive, que tout le monde puisse s’y voir.
Selon le recteur et vice-chancelier, Serge Miville, la solidarité et l’élan créatif de l’Ontario français permettent de bâtir de nouveaux cadres sociaux.
Dans l’adversité, ce qu’on a de beau, c’est cette solidarité, c’est cet élan créatif qu’on voit dans notre histoire en Ontario français. Puis on le voit avec ce forum ici : c’est qu’on est en train, dans le cadre qui est le nôtre, de bâtir, conclut-il.


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