Après plusieurs mois de débats à l'Assemblée nationale et au Sénat, plusieurs motions de censure rejetées, Sébastien Lecornu est parvenu à faire adopter le budget de l'État pour l'année 2026. Impôts, taxes, que contient finalement ce budget ?
C'était le principal objectif de Sébastien Lecornu lorsqu'il est arrivé à Matignon. Après avoir fait adopter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en décembre, les deux motions de censure déposées par le RN et LFI ont été rejetées ce lundi à l'Assemblée nationale, ce qui provoque l'adoption du budget pour l'année 2026. Mais que contient-il ?
Le déficit public s'établira finalement à 5% du PIB en 2026
Tout d'abord, le gouvernement prévoyait dans sa copie initiale de réduire le déficit public à 4,7% du PIB en 2026. Mais après avoir fait plusieurs concessions, notamment au Parti socialiste, cette réduction s'établira finalement à 5% du PIB. Le déficit est chiffré à près de 132 milliards d'euros, un montant quasi stable par rapport à 2025.
Ce texte final du budget contient plusieurs mesures qui vont affecter les Français ayant des hauts revenus. Mise en place en 2025, la contribution différentielle sur les hauts revenus a été prolongée jusqu'à ce que le taux du déficit public repasse sous le seuil de 3%. Elle prévoit un taux minimal d'imposition de 20% pour ceux dont les revenus dépassent 250.000 euros par an pour une personne célibataire, 500.000 euros pour un couple.
Une taxe sur les holdings patrimoniales est instaurée. Elle prévoit donc une taxe jusqu'à 20% sur certains actifs immobiliers mais aussi sur des objets de valeur comme des véhicules de luxe, des bateaux et autres. Elle ne concerne cependant pas les œuvres d'art. Mais les grandes entreprises voient également de nouvelles mesures les affecter.
Elle avait, elle aussi, vu le jour lors du précédent budget, elle est finalement prolongée. On parle de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, environ 300 sur tout le territoire, ce qui devrait rapporter plus de sept milliards d'euros à l'État. Ce dernier doit également récupérer 1,3 milliard d'euros avec l'annulation de la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
Coup de pouce pour les étudiants, taxe sur les petits colis, primes d'activité...
Concernant les ménages, dans sa copie initiale, le gouvernement prévoyait de geler le barème de l'impôt sur le revenu. Mais après plusieurs semaines de débats, le barème sera finalement bien indexé sur l'inflation, à un taux de 0,9%. Un temps en danger, les retraités ne vont pas perdre leur abattement de 10% sur leur pension.
Ce budget prévoit également un coup de pouce pour les étudiants. Ces derniers obtiennent la généralisation des repas à un euro. Les aides personnalisées au logement (APL) vont être également revalorisées. La prime d'activité, versée aux travailleurs modestes, soit plus de trois millions de ménages, va connaître une augmentation de 50 euros par mois, pour un coût estimé à 700 millions d'euros en 2026.
Ce projet de loi de finances prévoit la création d'une taxe de deux euros sur les petits colis. Elle devrait rapporter 400 millions d'euros, selon les calculs de l'État. Il ne sera plus possible de financer son permis de conduire avec le Compte personnel de formation (CPF), seuls les demandeurs d'emploi pourront toujours le faire.
Le dispositif MaPrimeRenov est finalement maintenu quand les programmes d'investissements France 2030 et le "Fonds vert" ont vu leur budget diminuer. Ce budget inscrit aussi les 300 millions d'euros d'aides pour les agriculteurs.


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