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« Ils ont tué le centre-ville » : un autre commerçant de Sherbrooke sort publiquement

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Un autre commerçant du centre-ville de Sherbrooke sort publiquement pour dénoncer les problèmes qui affligent le secteur. Le directeur général des Brûleries FARO, Maxime Fabi, a publié une lettre ouverte réclamant des actions immédiates, notamment pour améliorer l'accès à la rue Wellington.

Sa lettre d’opinion, intitulée Ils ont tué le centre-ville, survient après plusieurs annonces de fermetures. Rappelons que la boutique Piosa a récemment annoncé son déménagement. L'Auguste, une institution, a lui aussi cessé ses activités, à l'instar de plusieurs autres restaurants au cours des dernières semaines.

Pour M. Fabi, le manque d'accès à la rue Wellington, piétonne en partie l'été et à sens unique le reste de l'année, nuit aux affaires.

Initialement, on n'était pas contre l'essai, mais force est d'admettre que quand on voit les géants du centre-ville partir, il y a urgence d'agir, lance-t-il.

Des solutions concrètes proposées

Le directeur général identifie ce qui, selon lui, a contribué à tuer la Wellington. Il cible la fermeture de l’accès par la rue Frontenac, la diminution de la circulation, mais aussi le retrait du crédit de taxes à l’investissement pour les propriétaires immobiliers.

Un panneau de signalisation restreint l'accès à la rue Wellington par la rue Frontenac au centre-ville de Sherbrooke.

L'accès restreint à la rue Wellington dérange certains commerçants du centre-ville de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Il dénonce également une application de stationnement complètement déficiente et rarement fonctionnelle.

Quand on ferme l’accès et le stationnement, comment voulez-vous qu’un client aille chercher ses plantes au Bloma, dîner au restaurant, chercher du café en grains, passer s’acheter une paire de chaussures chez Piosa ou un vêtement au Kitsch? demande-t-il.

Il propose une série de solutions, dont la première est de rétablir l'accès par la rue Frontenac et la rue King Ouest.

C'est un labyrinthe

Sur le terrain, le constat est le même. Le propriétaire du restaurant Bella, Son Vuong Do, remarque au quotidien que des automobilistes ne savent pas comment accéder aux commerces.

Pour Jamal Zerouali, propriétaire du restaurant Baladi, la situation est exaspérante.

Il faut qu'ils laissent les voitures rentrer des deux côtés, plaide-t-il, soulignant que ses clients lui en parlent tous les jours.

''Ah, c'est un labyrinthe pour arriver chez vous!'' Ils ne viennent plus, déplore le restaurateur installé depuis 31 ans.

Jamal Zerouali est propriétaire du restaurant Baladi à Sherbrooke.

Jamal Zerouali est propriétaire du restaurant Baladi à Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

M. Zerouali confie avoir du mal à payer ses comptes. Si ça continue comme ça, c'est la dernière année. C'est une catastrophe, lance-il.

Un point de bascule atteint

Pour que tant de gens sortent publiquement, c’est qu’il se passe quelque chose, estime Stéphanie Dubreuil, propriétaire de la Boutique Kitsch. Elle réclame aussi des actions immédiates de la part de la Ville.

On s'est souvent fait dire au cours des dernières années : ''Faites attention de ne pas véhiculer un message négatif au centre-ville quand vous avez des irritants'', mais là, on est rendu à un moment où c'est critique, il faut s'en occuper, affirme-t-elle.

Stéphanie Dubreuil est propriétaire de la boutique Kitsch à Sherbrooke.

Stéphanie Dubreuil est propriétaire de la boutique Kitsch à Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Mme Dubreuil pointe un problème récurrent : le stationnement. Elle déplore notamment que les places disponibles sont monopolisées par des vignettes, empêchant les visiteurs de se garer.

La mairesse promet d'être à l'écoute

Interpellée, la mairesse de Sherbrooke assure qu'il s'agit d'un dossier prioritaire. Marie-Claude Bibeau dit sentir l'impatience et, en tant qu'ancienne entrepreneure, elle comprend la frustration des commerçants.

Je peux vous assurer que le centre-ville, j'y tiens moi aussi. Je vous assure qu'on va être à leur écoute parce que si eux ne réussissent pas au centre-ville, on ne peut pas faire vivre ce centre-ville-là, déclare-t-elle.

Mme Bibeau souhaite toutefois prendre le temps de faire une analyse complète, un 360 degrés, touchant à la fois l'accès, la circulation, le stationnement et l'animation. Elle espère revenir avec des solutions au cours des prochaines semaines.

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