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René Haby, ministre de l’Éducation sous Valéry Giscard d’Estaing, est l’auteur de la loi du 11 juillet 1975. Elle instaure le collège unique : suppression des filières séparées dès la 6e (classique, moderne, transition, etc.) et regroupement de tous les élèves dans les mêmes classes. L’objectif affiché était l’égalité d’accès et la fin d’une orientation trop précoce. Les critiques lui reprochent d’avoir créé des classes très hétérogènes sans moyens suffisants pour les gérer, d’avoir accompagné la massification par un abaissement des exigences, et d’avoir affaibli la transmission des savoirs au profit d’une gestion sociale de l’échec. La loi est devenue un totem : pour les uns, garantie d’égalité ; pour les autres, point de départ de la baisse de niveau.
Philippe Meirieu, pédagogue et figure des « sciences de l’éducation », incarne le courant dit pédagogiste (pédagogie différenciée, centration sur l’élève, critique de la « pédagogie bancaire » et de la notation traditionnelle). Ses détracteurs, souvent issus du camp « républicain » ou instructionniste, lui imputent la diffusion de méthodes qui auraient affaibli l’autorité du maître, le primat des savoirs disciplinaires et l’exigence, au profit de la bienveillance, de l’individualisation et de dispositifs parfois jugés peu efficaces.
Pédagogie différenciée et « pédagogisme » (années 1980-2000)
Portée notamment par les sciences de l’éducation et des figures comme Philippe Meirieu, l’idée était d’adapter l’enseignement à l’élève plutôt que l’inverse. Dans la pratique, elle a souvent servi de justification au relâchement des programmes, de la notation et de l’autorité, sans preuve solide d’efficacité à grande échelle. Les évaluations internationales ont continué de montrer un niveau moyen médiocre et des inégalités parmi les plus fortes de l’OCDE
La baisse des résultats français (enquêtes PISA et autres) et la difficulté à tenir des classes hétérogènes sont des faits documentés
Najat Vallaud-Belkacem (2014-2017). Réforme du collège de 2016 : enseignements pratiques interdisciplinaires, réduction du latin, suppression d’une grande partie des classes bilangues et des sections européennes, programmes par cycles. Forte opposition des enseignants, recul partiel sur le latin et les bilangues, réforme largement détricotée ensuite. Le baromètre UNSA de 2016 indiquait seulement 21 % d’enseignants en accord avec la politique menée.
Blanquer et la destruction du bac
Suppression des séries L, ES, S au profit d’un tronc commun et de spécialités, poids accru du contrôle continu, Grand oral, lien affiché avec Parcoursup. Objectifs annoncés : plus de liberté de parcours, moins de hiérarchie entre séries, meilleur arrimage au supérieur et baisse de l’échec en licence. Cinq ans après la première session (2021), le bilan reste mitigé : le bac a été modifié presque chaque année, le Grand oral est souvent décrit comme peu fiable et socialement biaisé, et le taux de réussite au bac reste très élevé sans que l’échec en premier cycle universitaire ait nettement reculé.


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