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VIDÉO - Invité du «Buzz TV», Benjamin Brillaud, de son vrai nom, est venu présenter son nouveau documentaire On les appelle Cowboys, diffusé prochainement sur France Télévisions. Et s’est exprimé sur l’économie de son milieu.
Depuis près de douze ans, Benjamin Brillaud s’est imposé comme l’une des figures incontournables de la vulgarisation historique sur Internet. À travers sa chaîne Nota Bene et ses différents formats, il rassemble aujourd’hui plus de 5 millions d’abonnés cumulés sur les réseaux sociaux. Entouré d’historiens, d’archéologues et de spécialistes, il s’est donné pour mission de rendre l’histoire accessible au plus grand nombre. Invité du «Buzz TV», le créateur de contenu est venu présenter On les appelle Cowboys, un documentaire qu’il a co-développé avec Laureline Amanieux et qui sera diffusé le 28 juin sur France Télévisions.
Un projet ambitieux de deux épisodes de 52 minutes qui s’inscrit dans le cadre du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis. À travers ce voyage au cœur du Far West, Nota Bene s’attaque à l’une des figures les plus mythifiées de la culture populaire américaine : le cow-boy. Une image largement façonnée par le cinéma, les romans, les bandes dessinées et les jeux vidéo. «Le cow-boy, c’est une figure très fantasmée. On a tous joué aux cow-boys et aux Indiens quand on était gamin. Et il se trouve que cette image qu’on a en tête, est héritée de toute une pop culture. (…) Et tout cet imaginaire ne correspond en rien à la réalité de ce qu’était le cow-boy», explique Nota Bene.
Pour déconstruire cette légende, le documentaire donne la parole à des historiens mais aussi à des cow-boys contemporains. Une enquête qui met en lumière une réalité bien différente de celle véhiculée depuis des décennies. «Les cow-boys, c’étaient des gens qui étaient relativement pauvres. C’étaient des travailleurs très précaires et ils n’avaient pas d’argent pour s’acheter des flingues. Donc la plupart n’avaient pas d’armes. Mais il y a aussi des origines ethniques très diverses. C’est-à-dire qu’on va revenir sur l’origine mexicaine des cow-boys, sur le fait qu’aussi un quart des cow-boys étaient noirs. Et c’est vrai que ça a totalement été effacé de l’histoire», déclare-t-il.
Ce projet s’inscrit dans une démarche entamée depuis plusieurs années par le vidéaste, qui s’intéresse aux grands mythes historiques et à leur représentation dans l’imaginaire collectif. «C’est la continuité d’un travail que j’ai commencé sur Nota Bene il y a plusieurs années. À partir de 2022, j’ai eu la chance de commencer à diriger des ouvrages collectifs. On a fait les Vikings, les pirates, les samouraïs, les chevaliers. Ce format de livre, je voulais le porter à l’écran. Donc on a fait un premier épisode sur les Vikings qui avait été diffusé sur la chaîne Histoire. Ensuite, on s’est dit pourquoi pas le proposer à France Télé. Et ça a donné deux documentaires, Cowboy et Samouraï», affirme le vidéaste.
Aujourd’hui, je suis patron de PME. J’ai une dizaine d’employés à temps plein, en CDI
Nota BeneL’entretien a également permis d’aborder un sujet plus sensible : l’économie des créateurs de contenu. Alors que les revenus de certains youtubeurs suscitent régulièrement débats et fantasmes, Benjamin Brillaud rappelle que la réalité est souvent bien plus contrastée. À la tête de sa propre structure de production, le créateur reconnaît bénéficier aujourd’hui d’une situation relativement rare dans le secteur. «Aujourd’hui, je suis patron de PME. J’ai une dizaine d’employés à temps plein, en CDI. On a une cinquantaine de collaborateurs en tout. Parfois, il y a des historiens qui vont travailler une seule fois sur Nota Bene parce qu’ils avaient une expertise bien précise, d’autres qui vont travailler de manière plus récurrente. Aujourd’hui, j’ai une vraie économie, j’ai une boîte de production, donc c’est rémunérateur. Maintenant, YouTube reste très précaire pour les gens qui font de la vulgarisation en général», déclare le vidéaste.
Derrière les quelques figures les plus visibles du secteur, il rappelle que de nombreux créateurs peinent encore à vivre de leur activité malgré des années de travail. «Quand on voit ces grands succès c’est vraiment la partie émergée de l’iceberg. En dessous, il y a énormément de créateurs qui galèrent. J’ai des copains qui font ça depuis autant de temps que moi et qui galèrent toujours parce qu’on est à la merci des algorithmes, on est à la merci d’un marché publicitaire très concurrentiel aussi. Et même s’il n’y a pas vraiment de concurrence directe, il y a une concurrence de l’attention, parce qu’on n’a pas le temps de tout regarder», avoue-t-il.
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Pour assurer leur pérennité, de nombreux créateurs sont ainsi contraints de multiplier les sources de revenus. Publicité, partenariats, livres, bandes dessinées, jeux ou encore productions audiovisuelles viennent compléter les recettes générées par les plateformes. «Je fais des BD, je dirige des ouvrages collectifs. Ce documentaire qu’on fait pour la télé, ça rentre aussi dans une économie. Tout ça, c’est une économie à construire, comme n’importe quelle société de production».
Si le sujet intéresse le public, Benjamin Brillaud regrette néanmoins la focalisation récurrente sur les revenus des youtubeurs, souvent réduits à quelques cas spectaculaires. «Il y a un focus un peu malsain là-dessus, je trouve, depuis plusieurs années, de la part des médias. Ce serait bien qu’on s’en émancipe un peu parce que je pense qu’il y a plus intéressant à discuter que le salaire des youtubeurs qui fait fantasmer. Mais ce qui est intéressant, c’est de dire qu’il y a beaucoup de fantasmes. La plupart des vidéastes sont dans une certaine précarité», explique-t-il avant de conclure : «Maintenant, les gros youtubeurs que vous voyez vraiment partout et qui sortent leur marque de boisson et autres, il est évident qu’ils ne gagnent pas 10.000 par mois. Non, ils gagnent bien plus».


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