Le coup de force pour écarter les gymnastes du Dinamo Bucarest, protégées du régime, a payé. Six élèves de l’école expérimentale d’Onesti, dont Nadia bien sûr, sont sélectionnées pour les Jeux olympiques d’été de 1976 à Montréal, et Béla Károlyi, coach, agent, gourou, est à leur côté avec la promotion d’entraîneur national. Le monde ne sait encore rien d’elles, mais l’ignorance est réciproque.
«Jusqu’en 1976, je pensais que les Championnats d’Europe représentaient la compétition la plus importante au monde», raconte Nadia Comăneci dans ses mémoires, Lettres à une jeune gymnaste (2004). «Tout ce que je savais venait de ce que mes entraîneurs et le gouvernement me disaient. Je n’avais jamais regardé les Jeux à la télévision. Quand nous sommes arrivés à Montréal, j’étais ébahie. Le village olympique était si grand, il y avait tellement d’athlètes qui pratiquaient beaucoup de sports que je ne connaissais pas. Pour la première fois de ma vie, j’ai vu de la pizza, du fromage blanc, du beurre de cacahuète et des céréales. Les odeurs de la cafétéria étaient irrésistibles. Ce dont je me souviens le plus, c’est que tout était gratuit. On nous avait donné un badge grâce auquel on pouvait aller voir un film au cinéma du village ou prendre une boisson fraîche, et nous avions reçu des sacs, des chapeaux et des broches assortis. Pour moi, c’était vraiment étrange, excitant et absolument merveilleux.»


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