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Le 4 février 2006, un millier de personnes étaient réunies en congrès à Montréal pour créer un tout nouveau parti politique de gauche : Québec solidaire (QS).
Les racines du parti né de la fusion de l'Union des forces progressistes (UFP) et d'Option citoyenne, ont pris forme dans la foulée du virage à droite du gouvernement de Lucien Bouchard, raconte l’un des membres fondateurs de Québec solidaire et ancien candidat du parti dans Chicoutimi, Pierre Dostie.
À la fondation de l'UFP, en 2002, ce dernier était co-porte-parole.
En fait, tout remonte à 1997 avec la formation du Rassemblement pour [l’alternative progressiste]. On est deux ans après le référendum perdu, volé, et avec le virage à droite du gouvernement péquiste dirigé par Lucien Bouchard à l'époque, raconte Pierre Dostie, au micro de C'est jamais pareil. Comme lui, plusieurs indépendantistes ont remis en doute les agissements du gouvernement fédéral dans la campagne de 1995.
C'était le temps de sonner le rassemblement pour un parti plus progressiste et indépendantiste au Québec.

Pierre Dostie a été candidat de QS dans la circonscription de Chicoutimi en 2018, 2016, 2012 et pour l'Union des forces progressistes (UFP), l'ancêtre de QS, en 2003.
Photo : Radio-Canada / Laura-Jessica Boudreault
À la fin des années 1990 et au début des années 2000, il existait au Québec plusieurs petits regroupements idéologiques de gauche, se rappelle le militant. On constatait la nécessité de s'unir sur une base la plus large possible. En fait, ce qui nous unissait était beaucoup plus grand que ce qui nous divisait et on a misé là-dessus.
QS a hérité du modèle de chefferie bicéphale, avec deux co-porte-parole, des partis qui l’ont engendré. Ce choix s’inscrivait à l’époque dans une volonté de changer les façons de faire en politique.
Je me souviens, quand on s'est présenté devant les médias, les deux co-porte-parole, on faisait pratiquement rire de nous par les médias et par beaucoup de monde dans la société, raconte Pierre Dostie. On a réussi à changer un peu la perception culturelle de cette réalité-là, estime-t-il.
De lents progrès
En 20 ans, QS a connu une lente ascension, reconnaît Pierre Dostie. Ça a été pas mal moins vite qu'on aurait espéré, même si c'est quand même un exploit d'avoir réussi à faire élire 12 députés depuis 2018.
Il reconnaît que la formation souffre d’une posture peu enviable dans les sondages à l’heure actuelle. Les difficultés de QS sont caractéristiques d’un parti transformateur, qui rejette le culte du chef, la politique spectacle et [qui veut] transformer la société, argue-t-il.
Face à la mosaïque de centre droit jusqu'à quasi l'extrême droite, Québec solidaire est une option valable, croit M. Dostie.
Avec la tendance vers l'extrême droite qui nous guette, peut-être même le fascisme qui n’est pas si loin de nous, si on n’a pas un parti à gauche pour défendre ces valeurs-là, la chaloupe va renverser.
Un prochain test attend QS, le 23 février, alors que les électeurs de Chicoutimi seront appelés aux urnes pour une élection partielle. Jeanne Palardy porte les couleurs solidaires. En 2022, le candidat solidaire dans Chicoutimi, Adrien Guibert-Barthez, avait récolté 12 % des votes.


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