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A Gournay-en-Bray, un homme était devant le tribunal de Dieppe pour des violences conjugales. Malgré les efforts de sa femme pour le défendre, la justice l'a renvoyé en prison.
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Par Rédaction Gournay-Forges Publié le 15 sept. 2026 à 18h38
Vendredi 11 septembre 2026, dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate, un homme de 49 ans avait à répondre de violences commises en février et en juin 2026 à l’encontre de la femme avec qui il partage la vie depuis un peu plus de deux ans. C’est dans la nuit du 26 au 27 juin 2026 que des voisins de la jeune femme ont appelé les gendarmes après qu’elle s’est réfugiée chez eux, indiquant qu’elle venait d’être victime de violences de la part de son compagnon du côté de Gournay-en-Bray.
Interpellé le 8 septembre et incarcéré
Finalement, elle ne déposera pas plainte et refusera d’aller chez un médecin. Mais la justice est en marche et, même si elle mettra un peu de temps à retrouver le prévenu, elle finira par le juger après que les gendarmes l’ont appréhendé le 8 septembre alors qu’il se trouvait à proximité du véhicule de sa compagne.
Il faut dire qu’ils ont repris la vie commune après avoir décidé l’un et l’autre de se remettre en question, notamment en arrêtant toute consommation d’alcool. Déféré devant le procureur et le juge des libertés et de la détention, il a été envoyé derrière les barreaux.
C’est donc encadré par des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire qu’il est arrivé au tribunal pour y être jugé.
Le président Goix a fait une instruction minutieuse des faits : en février, l’homme aurait donné une claque à sa compagne, ce qui lui aurait valu un « cocard ».
Au mois de juin, soupçonneux et jaloux, il aurait voulu lui prendre de force son téléphone et, ce faisant, il l’aurait attrapée par le bras avant de la maintenir en appuyant sur le haut de sa poitrine.
Étranglement ou non, il conteste, et sa compagne, présente dans la salle, abonde dans ce sens. Si lors d’une première audition par les gendarmes elle avait indiqué qu’il est « possessif, lunatique, qu’il la surveille, fait attention à ce qu’elle porte comme vêtements et sous-vêtements et l’empêche de voir qui elle veut », elle a diamétralement changé d’avis.
La victime défend le prévenu à la barre
Lors d’une confrontation, son discours avait déjà beaucoup changé, et son intervention devant le tribunal n’a pas manqué d’interroger les magistrats du siège et du parquet.
Elle confirme qu’il peut être jaloux, qu’il la surveille, mais elle estime que c’est assez normal dans un couple. Le téléphone lui aurait été lancé au visage.
Il ne m’a pas visée intentionnellement.
Pour les violences du mois de juin : « il faut les mettre sur le compte de l’alcool, je ne suis pas facile non plus ».
Les filles de la victime avaient indiqué à l’époque des faits que le prévenu n’était pas facile avec leur mère. Aujourd’hui, elles aussi ont changé d’avis et estiment que, depuis qu’il ne boit plus, il ne pose plus de problème.
Pour les magistrats, ce type de situation est relativement courant : une victime qui refuse d’enfoncer celui qui est accusé et qui lui trouve toutes les circonstances atténuantes.
Un long passé judiciaire
Le souci supplémentaire dans le cadre de ce prévenu vient de son casier judiciaire : une dizaine de mentions dont certaines, certes anciennes, pour proxénétisme, pour agression sexuelle, mais également pour des violences sur son ancienne compagne.
Il est d’ailleurs sous le coup d’un sursis probatoire et en attente d’une décision pour le placer sous bracelet électronique.
Pour la substitut du procureur de la République, les faits sont caractérisés, et le fait que le prévenu les ait perpétrés alors qu’il était sous le coup d’une condamnation les rend encore plus graves.
Et ce n’est pas la position de la victime qui la fait changer d’avis. Elle requiert une peine de 18 mois de prison, dont 10 mois assortis d’un sursis probatoire emportant obligation de soins et interdiction de se présenter au domicile de la victime.
Ils veulent continuer leur relation, dont acte, mais le domicile de Madame où vivent également ses deux filles doit être sanctuarisé.
Me Benoist, pour le prévenu, ne conteste pas les deux faits de violences, mais rappelle que ce sont des faits isolés.
« Ce couple a surtout besoin d’être aidé. Aujourd’hui, tout se passe bien entre eux et renvoyer mon client derrière les barreaux ne me semble pas être la peine adéquate », indiquait l’avocate derrière le prévenu en larmes sur son banc.
C’est pourtant ce que vont décider les juges en suivant presque à la lettre les réquisitions du parquet. Ils ont réduit de deux mois la peine de prison ferme.
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