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Il n’y a pas qu’avec « Persepolis » que Marjane Satrapi s’est illustrée au cours de sa vie

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Culture 04/06/2026 12:02 Actualisé le 04/06/2026 12:07

Si son nom est indissociable de la BD qui l’a fait connaître, l’autrice franco-iranienne laisse aussi derrière elle une carrière au cinéma bien à son image.

« Persepolis » est sorti sur les écrans en 2007, en France.

2.4.7. FILMS - THE KENNEDY/MARSH / Collection ChristopheL via AFP

« Persepolis » est sorti sur les écrans en 2007, en France.

Marjane Satrapi est « morte de tristesse ». C’est par ces mots que ses proches ont annoncé la nouvelle, ce jeudi 4 juin. Figure de contestation du régime iranien depuis la France, où elle menait son combat depuis la parution de Persepolis, l’autrice de 56 ans laisse derrière elle une œuvre symbolique et sensible, loin de se limiter à son illustre BD.

À compter de 2004, celle-ci s’était en effet tournée vers le cinéma. La cause ? Un « besoin de nouveauté » après la sortie de Poulet aux prunes, sa dernière bande dessinée en date. C’est ainsi qu’en 2007 sort l’adaptation animée, aux côtés de Vincent Paronnaud, du récit autobiographique qu’on lui connaît de sa jeunesse en Iran.

Bien lui en a pris. En sélection officielle au Festival de Cannes, Persepolis a non seulement décroché le prix du jury cette année-là, puis deux César l’année suivante (ceux du meilleur premier film et de la meilleure adaptation). Outre une nomination aux Oscars, le long-métrage en noir et blanc a conquis plus d’un million de curieux en salles, avant d’en faire un classique.

Ryan Reynolds devant sa caméra

Quatre ans plus tard, Poulet aux prunes a pris la suite dans les salles obscures. Moins plébiscité par le public bien qu’étant en compétition à la Mostra de Venise, il mettait en scène Mathieu Amalric dans la peau d’un violoniste en mal de vivre qui, dans ses rêveries, se voyait transporter dans une magnifique histoire d’amour.

A suivi le film La Bande des Jotas, comédie sur une bande de bandits lors d’un tournoi de Badminton, tourné en catimini en Espagne sans autorisation. Puis, un ovni en anglais : The Voices, en 2015. Au casting ? Ryan Reynolds dans le rôle d’un tueur en série qui, quand il ne prend pas ses médocs, voit tout un tas de choses, dont ses animaux de compagnie, lui parler.

« Quand on pense à un psychopathe, le nom de Ryan Reynolds ne vient pas forcément tout de suite à l’esprit. C’est lui qui est venu vers le projet, s’était-elle enthousiasmée dans les pages de Trois Couleurs. Dans ses yeux, il y a quelque chose de très profond et de très sombre. Et en même temps, il a ce sourire qui fait qu’on lui donnerait le bon Dieu sans confession. »

Marie Curie façon Marjane Satrapi

Annoncée à la réalisation de L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (avant de voir le projet être repris par Ken Scott), Marjane Satrapi a ensuite dirigé Rosamund Pike dans Radioactive, adaptation du roman graphique éponyme de Lauren Redniss sur les découvertes de Marie Curie.

« Ça servait à rien de refaire un nouveau film pour redire combien elle était merveilleuse, concédait-elle chez TF1. Ce qui était intéressant, c’était de montrer l’impact que ses travaux ont eu sur le monde. Car avec la radioactivité on peut guérir les cancers et faire de l’énergie, mais on peut également créer la bombe atomique. »

Débordante d’énergie, elle était animée en parallèle par sa passion pour la peinture, comme a pu en témoigner une exposition de plusieurs de ses toiles dans la galerie parisienne de Françoise Livinec en 2020 ou un triptyque pour les JO de 2024 à Paris, une tapisserie aujourd’hui visible au musée du sport à Nice.

Le plus souvent empreint de malice et de mélancolie, son cinéma a, lui, baissé le rideau en 2024 avec la sortie sur nos écrans de Paradis Paris, film choral avec Monica Belluci, Rossy de Palma, Roschdy Zem et bien d’autres sur une série de destins qui se mêlent et s’entremêlent dans la capitale sur un thème cher à sa réalisatrice : notre existence face à la mort.

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