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Il manquait 2 km de tunnel sous Sceaux : la ligne Paris-Chartres commencée en 1907 n’a jamais atteint Paris et n’a vu passer que deux trains par jour

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Il manquait 2 km. Entre Châtenay-Malabry et Bagneux, un tunnel sous Sceaux et Fontenay-aux-Roses devait relier la ligne Paris-Chartres par Gallardon à la capitale. Jamais creusé, il a laissé la ligne lancée en 1907 sans aucune porte d’entrée à Paris.

Elle n’a vu circuler des trains que de 1930 à 1939, et la section finale vers Paris n’a jamais été achevée.

À retenir

  • La ligne Paris-Chartres lancée en 1907 manquait de 2 km de tunnel sous Sceaux et Fontenay-aux-Roses pour atteindre Paris
  • La ligne n’a circulé que de 1930 à 1939 avec seulement deux allers-retours quotidiens aux horaires dissuasifs
  • Le viaduc des Fauvettes, achevé en 1913, subsiste comme vestige spectaculaire et accueille aujourd’hui plus de 130 voies d’escalade

Sommaire

  1. Une ligne lancée par le mauvais bout
  2. Le chaînon manquant sous Sceaux et Fontenay-aux-Roses
  3. Deux allers-retours par jour, des horaires dissuasifs
  4. Le viaduc des Fauvettes, survivant spectaculaire

Une ligne lancée par le mauvais bout

Déclarée d’utilité publique en 1903 entre Paris et Chartres, elle devait compléter la liaison Paris-Bordeaux construite par l’État. Les travaux ont commencé à partir de Chartres, où s’arrêtait la ligne de l’État, et non de Paris comme son nom le laisse penser. En 1909, l’État rachète la Compagnie de l’Ouest, propriétaire de la ligne Paris-Chartres existante, et la nouvelle ligne perd son utilité pour les grands trajets. Le chantier se poursuit pourtant, au ralenti, avec une emprise prévue assez large pour 4 voies entre Paris et Massy.

Les jalons s’enchaînent sans hâte. Le tronçon Chartres-Gallardon-Pont est achevé en 1913, Saint-Arnoult suit en 1917.

En 1918, une voie est déposée : la pénurie d’acier est passée par là.

Limours est atteint en 1922, Châtenay-Malabry en 1931. Pendant ce temps, l’État remodèle le nœud ferroviaire de Massy. Le pont de Chartres est construit de 1919 à 1923 et le pont de Gallardon en 1928, pour que la ligne de Sceaux et la Grande Ceinture passent au-dessus des voies à venir. Les terrains correspondants avaient été acquis avant la Première Guerre mondiale.

Le chaînon manquant sous Sceaux et Fontenay-aux-Roses

La dernière section, 2 km entre Châtenay et Bagneux, comprenait un tunnel sous Sceaux et Fontenay-aux-Roses. Elle n’a jamais été construite, ce que confirment la notice de Wikipédia et le texte de l’historien ferroviaire Clive Lamming. Pour situer l’ordre de grandeur, 2 km représentent environ 9 viaducs des Fauvettes posés bout à bout. Côté Paris, un tronçon existait pourtant, entre l’Ouest-Ceinture et Montrouge-Châtillon. Il n’a jamais été ouvert au service commercial et n’a servi que de voie de service entre Montparnasse et le dépôt de Montrouge-Châtillon.

Deux morceaux de ligne se faisaient donc face, séparés par un vide. Les schémas de la ligne signalent encore, à hauteur de Bagneux, le début de la section jamais construite.

Les emprises, elles, ont attendu. Les terrains réservés pour le dernier tronçon sont restés en friche jusqu’à la création de l’avenue du Général-de-Gaulle en 1980. La ligne TGV, construite de 1987 à 1989, a fini par leur donner un usage ferroviaire à Massy, dans un caisson de béton qui passe en biais sous les ponts de Chartres et de Gallardon.

Deux allers-retours par jour, des horaires dissuasifs

La ligne ouvre le 15 mai 1930, entre Chartres et Massy-Palaiseau seulement. Au plus 2 trains aller-retour par jour y circulent, avec des horaires que Clive Lamming juge peu pratiques et dissuasifs.

Aucun train express n’a jamais circulé entre Paris et Gallardon.

Le service voyageurs s’interrompt dès septembre 1939. Le tronçon Massy-Gallardon est endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, puis les rails sont déposés à la Libération et la section est définitivement déclassée le 28 novembre 1953. Au viaduc des Fauvettes, un bombardement allié de 1944 a endommagé une voûte, qui n’a pas été réparée, et le trafic n’a jamais repris.

Une fois le fer parti, les emprises ont trouvé d’autres usages. Le tronçon Gometz-Limours est devenu en 1965 la première ligne expérimentale de l’Aérotrain.

Le viaduc des Fauvettes, survivant spectaculaire

Terminé en 1913, le viaduc des Fauvettes franchit la vallée de l’Yvette sur 221 m, avec 12 arches et 34 m de hauteur. Il se situe sur les communes de Gometz-le-Châtel et de Bures-sur-Yvette. Après des travaux de consolidation lancés fin 2003, il a rouvert au public en octobre 2004, et propose aujourd’hui plus de 130 voies d’escalade de 7 à 36 m de haut.

On le surnomme « la plus haute falaise d’Île-de-France ». Ses piliers vont de 7 m aux extrémités à 34 m au centre. Le GIGN et le RAID s’y entraînent également.

Pour voir le vide laissé côté Paris, il suffit de passer sous le pont de Chartres. Construit de 1919 à 1923, il permet à la ligne de Sceaux, aujourd’hui le RER B, d’enjamber des emprises qui n’ont jamais accueilli un seul train de voyageurs vers Paris.

Sources : voies28.e-monsite.com | fr.wikipedia.org

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