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Par Igor Taro
Le 12 février 2026 à 17h21

TRIBUNE - Le ministre de l’Intérieur estonien Igor Taro invite l’Union Européenne à refuser l’entrée dans l’espace Schengen aux militaires russes qui ont combattu en Ukraine. Pour ce dernier, c’est d’abord une question de sécurité.
Passer la publicité Passer la publicitéL’entrée dans l’espace Schengen doit être interdite aux ex-combattants russes ayant pris part à la guerre contre l’Ukraine. Le Ministère estonien de l’Intérieur a déjà imposé une telle interdiction d’entrée dans l’UE à plus d’un millier de ces individus. L’invasion de l’Ukraine par la Russie est une agression. Les militaires russes qui ont combattu en Ukraine et ceux qui y continuent les combats sont des agresseurs. Ils tuent, pillent, violent, détruisent. Refuser l’accès à l’espace européen commun de sécurité et à l’espace Schengen à ces personnes n’est pas une punition banale. C’est une contribution directe à notre sécurité.
Les précédentes guerres déclenchées par la Russie, par exemple en Afghanistan et en Tchétchénie, nous ont bien démontré le danger que représentaient les ex-combattants à leur retour après des conflits armés. Ce risque ne se limitait pas à la Russie, mais s’étendait également à l’Europe et au-delà des frontières européennes, partout où ils pouvaient voyager librement. Parmi les ex-combattants qui ont fait la guerre en Ukraine, on trouve aussi bien des criminels déjà condamnés que des militaires qui ont commis des crimes de guerre. Il est fort probable qu’ils viennent renforcer des groupes criminels organisés en Russie ou que les services spéciaux russes les utilisent dans le cadre d’opérations contre l’Europe. Tout cela représente une menace grave et réelle pour la sécurité des États membres de l’UE.
Par ailleurs, l’acte d’agression doit avoir un coût pour l’agresseur. L’Union européenne a imposé des sanctions politiques et économiques considérables à la Russie en tant que pays agresseur. Pourtant cette guerre n’est pas seulement la guerre du Kremlin : des centaines de milliers de citoyens russes ont combattu et sont en train de combattre contre l’Ukraine. Chacun d’entre eux doit payer le prix pour cette participation. L’interdiction d’entrée dans l’espace Schengen aux agresseurs fait partie de ce prix à payer.
Nous devons considérer les citoyens russes ayant participé à la guerre contre l’Ukraine comme une menace pour notre sécurité.
Igor TaroComment pouvons-nous connaître les noms des ex-combattants russes ? Cela devient possible grâce à la coopération internationale, menée en Estonie par notre Service de la sûreté intérieure. Celui-ci possède des compétences et l’expérience nécessaires pour évaluer la fiabilité des informations et établir les listes des ex-combattants servant de base pour appliquer cette interdiction. J’ai insisté sur ce point lors de nombreuses réunions récentes avec les ministres de l’Intérieur de différents États membres de l’UE. Notre objectif commun consiste à rendre l’Europe plus sûre. Nous comprenons de mieux en mieux que des centaines de milliers de citoyens russes qui ont combattu ou continuent à combattre contre le gouvernement légitime de l’Ukraine, et dont beaucoup sont impliqués dans des crimes de guerre, ne doivent pas avoir la possibilité de saper la sécurité de l’UE ni de circuler librement dans l’espace Schengen.
La sécurité est un mot-clé de l’espace Schengen – zone s’étendant du sud du Portugal au nord de la Norvège, sans contrôle aux frontières. Cela signifie que nous n’accorderons aucun permis de séjour ni aucun visa aux soldats russes qui ont pris part à la guerre d’agression. Il est désormais important que les États membres se partagent la charge de l’élaboration et de la mise en œuvre des listes d’interdiction. Je le répète encore une fois, nous devons considérer les citoyens russes ayant participé à la guerre contre l’Ukraine comme une menace pour notre sécurité et c’est la raison pour laquelle nous appelons tous les États membres à ne leur accorder ni permis de séjour ni visas. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons être sûrs qu’il leur sera impossible ni de s’infiltrer dans l’espace Schengen ni de constituer une menace pour la sécurité européenne.


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