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L’expert non officiel en matière de déclarations de récession au Canada estime qu’il est trop tôt pour employer ce terme afin de décrire le ralentissement économique actuel au pays. Un débat fait rage à Ottawa pour savoir si le pays est en récession depuis que Statistique Canada a annoncé la semaine dernière que l’économie s’était contractée pendant deux trimestres consécutifs, ce qui serait une « récession technique ».
Le Conseil du cycle économique de l’Institut C.D. Howe est traditionnellement considéré comme l’arbitre lorsque vient le temps de trancher si le Canada est récession ou non.
Dans un bulletin publié vendredi, le Conseil estime que deux trimestres consécutifs de baisse du PIB ne suffisent pas pour parler de récession. Il invite à la prudence quant à une interprétation excessive des données récentes.
Le groupe d’économistes fait valoir que la faiblesse de l’économie canadienne n’est pas encore suffisamment généralisée ou persistante pour parler de récession. À son avis, la baisse marginale enregistrée au premier trimestre de l’année fera l’objet de révisions dans les prochains mois.
Le rapport note que le PIB a augmenté dans plus de la moitié des secteurs de l’économie canadienne au premier trimestre de 2026, ce qui montre que le ralentissement économique n’est pas généralisé. Les économistes ont également souligné que deux trimestres consécutifs de baisse du chômage indiquent que le Canada n’est pas en récession.
Selon Statistique Canada, vendredi, l’économie canadienne a créé 88 000 emplois en mai, tandis que le taux de chômage est tombé à 6,6 %, contre 6,9 % en avril.
Le Conseil du cycle économique dit être prêt à se réunir à nouveau pour discuter d’une éventuelle déclaration de récession si des tensions économiques généralisées devaient apparaître tant dans les chiffres du PIB que dans ceux de l’emploi.
«Une règle empirique»
Au cours des derniers jours, le Parti conservateur du Canada a soutenu que « la récession est bien réelle » et a imputé la responsabilité au gouvernement libéral. Pour sa part, le premier ministre Mark Carney a fait valoir que la croissance sera inégale alors que le gouvernement tente de réorienter l’économie pour qu’elle ne dépende plus autant des États-Unis.
Le Conseil du cycle économique de l’Institut C.D. Howe s’est opposé à l’utilisation du terme « récession technique » pour décrire un ralentissement caractérisé uniquement par deux trimestres consécutifs de contraction du PIB.
« L’adjectif “technique” est en quelque sorte destiné à donner l’impression qu’il s’agit d’un phénomène officiel ou inquiétant. Mais il ne s’agit en réalité que d’une règle empirique », explique Steve Ambler, coprésident du Conseil.
Lorsque le PIB réel a reculé pendant deux trimestres consécutifs en 2015 en raison de l’effondrement des prix du pétrole, les débats sur la récession avaient également fait rage à l’époque. Mais le Conseil avait finalement conclu que ces baisses ne répondaient pas aux critères d’une récession.
Le seuil minimal fixé par le Conseil pour qualifier une situation de récession est en réalité un seul trimestre de contraction — mais ce recul devrait être suffisamment marqué et toucher la plupart des secteurs de l’économie.
Toutefois, le Conseil du cycle économique souligne que la révision prochaine de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) continuera de susciter des inquiétudes quant à la croissance économique au cours des prochains trimestres.


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