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Le récent discours du premier ministre Mark Carney au Forum économique mondial de Davos suscite des réactions jusque dans le Nord de l’Ontario. À Sudbury, des résidents parlent d’une identité canadienne marquée par la fierté et la solidarité, mais aussi par des inquiétudes économiques et sociales.
Pour plusieurs aînés rencontrés dans la localité d’Azilda, le contexte international, et particulièrement la situation politique aux États-Unis , pousse les Canadiens à réfléchir davantage à qui ils sont.
L'un d'entre eux, Aurèle Lépine, estime que cette période renforce le sentiment d’appartenance au pays.
On devient plus canadien parce que les gens se tiennent debout, puis ils n’ont pas peur de dire que nous sommes canadiens, ce n’est pas les États-Unis qui vont nous dire quoi faire , dit-il.

Aurèle Lépine est un résident d’Azilda.
Photo : Radio-Canada / Espérance Fatuma
Il voit une différence claire entre les valeurs canadiennes et celles qui dominent actuellement chez le voisin du Sud.
Je pense que, présentement, les Canadiens se tiennent bien versus les États-Unis. […] Monsieur Trump, malheureusement, il est vieux, puis je pense qu’il en perd un bout.
Même son de cloche pour Pierrette Lalonde, qui partage elle aussi cette impression d’unité retrouvée.
Je suis contente d'être canadienne. Je crois que dans d'autres parties du monde, comme les États-Unis, on a moins de respect pour les citoyens que nous avons ici au Canada , lance-t-elle.

Pierrette Lalonde est une résidente d’Azilda.
Photo : Radio-Canada / Espérance Fatuma
Selon elle, les tensions internationales ont au moins eu pour effet de rapprocher les citoyens.
Mais ce sentiment de fierté cohabite toutefois avec des préoccupations. Pour Denis Beaudoin, l’inquiétude face à l’avenir demeure bien présente.
C’est parfait d’être Canadien, mais la vie, elle s’en vient difficile. Elle a beaucoup changé dans les derniers cinq, six ans , souligne-t-il.

Denis Beaudoin, un résident d’Azilda, pense que la vie est devenue difficile.
Photo : Radio-Canada / Espérance Fatuma
Il ne croit pas nécessairement que l’identité canadienne se renforce.
Les Canadiens sont beaucoup dans le trouble à cause de tout ce qui se passe. C’est beaucoup difficile.
Le regard d’une nouvelle génération
Chez les plus jeunes, cette identité prend parfois une forme différente. Elsa McGregor, étudiante en histoire à l’Université laurentienne, associe l’identité canadienne à l’ouverture et à l’entraide.
Être Canadien, c’est être un bon voisin et prendre soin des autres. […] On est ouvert au monde, on est là pour aider les autres , souligne-t-elle.

Elsa McGregor souligne que l’identité canadienne est une façon d’être.
Photo : FACEBOOK / Elsa McGregor
Elle espère que le Canada continuera à garder ses relations très ouvertes et très grandes.
L’identité, toujours en évolution
Pour Linda Cardinal, professeure émérite en études politiques à l’Université d’Ottawa, ces témoignages montrent que l’identité canadienne se construit toujours en réaction au contexte et demeure en constante évolution.
L’identité repose sur une expérience vécue par les gens en fonction de leur contexte, de leur milieu, des événements , explique-t-elle.
Elle rappelle que l’identité canadienne s’est souvent définie en contraste avec celle des États-Unis.
Être canadien, c’est d’abord et avant tout ne pas être Américain.
Selon elle, les périodes d’incertitude internationale ont tendance à raviver ce besoin de se définir collectivement, autour de valeurs comme la solidarité, la justice et l’équité.
Cette définition d’identité, elle a peut-être certaines constantes, mais elle va changer au fur et à mesure des expériences que l’on vit , conclut-elle.


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