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Dans la foulée d’une étude qui montre que l’IA peut avoir tendance à encourager des actes violents, des experts jugent problématique la conception des plateformes visant à « maximiser l’engagement » si cela pousse à des « actes nuisibles ». Selon eux, il est nécessaire de renforcer la législation et les « garde-fous » de ces outils.
Une étude (nouvelle fenêtre) (en anglais) du Centre pour contrer la haine en ligne (CCDH), un organisme de surveillance à but non lucratif, menée avec des journalistes de CNN, a mis en lumière le rôle de plusieurs plateformes dans la planification, et parfois même l’encouragement d’un jeune public à commettre des actes violents.
Dans 8 cas sur 10, les robots conversationnels ont fourni des instructions pour planifier des attaques. Claude, le robot conversationnel d’Anthropic, aurait été le seul à dissuader les utilisateurs avec des avertissements ou en arrêtant la conversation.
Quand vous parlez d'une personne de 13 ans, ça reste quand même quelqu'un qui est relativement très influençable et très, très, très vulnérable. [...] Le problème de cette dynamique, c'est [que les robots conversationnels] essaient souvent d'être utiles même si la demande est nuisible.
Un modèle d’affaires et des garde-fous
Pour Mme Blanchard-Zintout, le problème réside dans le fait que les plateformes sont conçues, dans leur modèle d’affaires, pour maximiser l’engagement du public et se comporter comme un ami, un compagnon.
Sébastien Gambs, professeur en informatique à l'UQÀM et spécialiste en éthique de l'intelligence artificielle, estime lui aussi que la tendance qu'ont les robots conversationnels à aller dans le sens de l’utilisateur pour ne pas le contrarier est problématique.
Il ajoute que même si une efficacité à 100 % n’est jamais possible, des garde-fous supplémentaires sont nécessaires pour encadrer la réponse de ces outils.
C'est rare qu'un agent conversationnel insulte un utilisateur ou lui dise d'arrêter [...] L'idée aussi que ces garde-fous peuvent parfois faire que l'agent va refuser de répondre, ça peut frustrer des utilisateurs, croit Sébastien Gambs, ajoutant que les entreprises d'IA pourraient avoir peur de perdre des utilisateurs.
Ce rapport-là vient confirmer que, malheureusement, ce qu'il faudrait, c'est ne pas laisser chaque plateforme décider de ses règles, mais avoir des lignes directrices générales.
Le professeur croit qu’une législation et des lignes directrices globales pour les agents conversationnels sont nécessaires et urgentes, et doivent venir des pouvoirs publics. Il croit que l'étude réalisée entre les États-Unis, l’Irlande et le Royaume-Uni aura des répercussions réglementaires autant en Europe qu’en Amérique du Nord.
Dans la foulée, le CCDH a aussi lancé une pétition pour demander aux entreprises d’IA d'avoir pour priorité la sécurité.
Appelée à réagir, la procureure générale de la Colombie-Britannique, Niki Sharma, affirme qu'une réglementation sérieuse et adéquate des plateformes d'IA est nécessaire. La ministre croit que le gouvernement fédéral dispose des meilleurs outils pour y parvenir.
Radio-Canada a contacté le ministre de la Sécurité publique fédéral, qui a redirigé les questions vers le ministère de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique Canada. Au moment de publier ces lignes, le ministère n’avait pas répondu aux demandes de Radio-Canada.
Les grandes plateformes d’IA questionnées
Anthropic, DeepSeek, Perplexity et Snapchat My AI n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de Radio-Canada.
Character AI : Notre équipe dédiée à la confiance et à la sécurité continue d'améliorer ces classificateurs, de faire évoluer nos mesures de sécurité. Il est important de rappeler que les personnages créés par les utilisateurs sur notre site sont fictifs. Ils sont destinés au divertissement et au jeu de rôle, et nous avons pris des mesures rigoureuses pour que cela soit clair.
OpenAI : ChatGPT a été formé pour rejeter les demandes portant sur des contenus violents ou haineux, et les résultats montrent qu'il a systématiquement refusé de donner des instructions sur l'acquisition d'armes. Nous renforçons sans cesse ces mesures de protection, et notre dernier modèle ChatGPT est encore plus performant pour détecter et rejeter les demandes violentes.
Replika : Replika est une plateforme réservée aux plus de 18 ans et nous investissons sans cesse dans le renforcement de nos systèmes de sécurité. En tant que compagnon basé sur l'IA, nous nous imposons des normes plus strictes : chaque interaction doit aider les utilisateurs à devenir une meilleure version d'eux-mêmes, et non compromettre cet objectif.
Copilot : Ces tests ont été menés entre novembre et décembre 2025. Depuis, nous avons mis en place des mesures de protection supplémentaires spécialement conçues pour réduire le risque d'exposition à des contenus violents pour les utilisateurs adolescents.
Gemini : Nous nous efforçons en permanence d'améliorer les mesures de sécurité de Gemini, qui contribuent à empêcher la production de résultats encourageant ou facilitant des activités dangereuses susceptibles de causer des préjudices dans la vie réelle. [...] Ces tests ont été menés sur un ancien modèle qui n’alimente plus Gemini.
Meta AI : Nous avons mis en place des mesures de protection rigoureuses pour empêcher les IA de générer des réponses inappropriées, et nous avons immédiatement pris des mesures pour résoudre le problème identifié. Nos politiques interdisent à nos IA d'encourager ou de faciliter des actes violents, et nous nous efforçons en permanence d'améliorer nos outils, notamment en renforçant la capacité de nos IA à comprendre le contexte et l'intention, même lorsque les suggestions semblent inoffensives.


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