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L'École nationale d'horlogerie de Trois-Rivières atteint les 80 ans d'existence. Elle avait été fondée par le gouvernement fédéral, après la guerre en 1946, pour favoriser la réintégration des militaires revenus au pays. Il s'agit de la seule école, au Canada, à offrir une formation en horlogerie et sa reconnaissance est internationale.
Malgré les années, à peu près tout est resté identique dans le centre de formation logé au troisième étage de l'école Saint-Paul. Les outils de travail sont les mêmes; l'art de réparer les instruments de mesure du temps, quel qu'ils soient, aussi.
De façon générale, oui, la formation a très peu changé. Toutes les techniques ont peu changé, dans le fond, à part la technologie, mais la formation reste quand même semblable, observe Benoît Mercier, l'un des deux enseignants réguliers au programme.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la formation de 1800 heures sur deux ans suscite de l'intérêt. On compte en ce moment 20 étudiants. Onze noms sont inscrits sur une liste d'attente.

Pour ceux qui persistent à exercer le métier, le taux de placement est de 100 %.
Photo : Radio-Canada / Daniel Thibodeau
Louis-François Grondin, étudiant en requalification professionnelle, fait, avec grande satisfaction, le constat qu'il a trouvé sa voie. J'étais un futur horloger qui s'ignorait, relate-t-il.
J'avais au-dessus de 30 montres dans ma collection et huit horloges mécaniques à la maison, mais je n'aurais jamais pensé pouvoir en faire un métier, ajoute-t-il.
Au gré des circonstances, le parcours scolaire d'Emma Boudet, originaire de France, l'a conduite à l'École nationale d'horlogerie de Trois-Rivières. Avec son diplôme en main, elle songe à travailler dans l'atelier de réparation d'une grande maison, associée à des marques prestigieuses, à Montréal.

À gauche, Emma Boudet travaille sur un compteur mécanique.
Photo : Radio-Canada / Daniel Thibodeau
Pour l'heure, à sa table de travail, avec en bandeau sa loupe frontale, son principal souci de la journée est de venir à bout d'un compteur mécanique dont l'aiguille s'obstine à stopper à chaque 15 secondes.
Sauf que ça ne me le fait que quand le cadran et les aiguilles sont installés. Si j'enlève le cadran, les aiguilles, il marche extrêmement bien, explique Emma Boudet.
De gros joueurs de l'industrie comme Rolex et Tag Heuer, connaissent l'atelier trifluvien, dont le rayonnement peut être qualifié d'international.
On a un partenariat avec Rolex Canada. On a Tag Heuer qui nous a téléphoné pour être en mesure de faire un partenariat sur la recherche de main-d'œuvre,avoir des finissants qui viendraient peut-être en stage, indique Sophie Houle, directrice du Centre de formation professionnelle Bel-Avenir.
Pour ceux qui persistent à exercer le métier, le taux de placement est de 100 %. Un finissant de Trois-Rivières s'est trouvé un emploi en Suisse, un autre à Kelowna, en Colombie-Britannique. Un autre est devenu directeur des ateliers de réparation de la Maison Birks.
Louis-François Grondin a comme projet, le moment venu, d'ouvrir un atelier chez lui à Trois-Rivières. Il est passionné par ce métier, à tel point qu’il ne voit pas le temps passer.


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