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La star marocaine de la pop arabe encourt jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle.

BERTRAND GUAY / AFP
La star marocaine Saad Lamjarred (ici en 2023) comparaît aux assises du Var dans une affaire de viol remontant à 2018, trois ans après une première condamnation en France.
Cette fois, il ne montera pas sur scène. Ce lundi 11 mai, Saad Lamjarred comparaît devant la cour d’assises du Var, pour répondre d’accusations de viol visant une jeune barmaid rencontrée dans un hôtel de luxe près de Saint-Tropez au cours de l’été 2018.
Au Maroc et dans une grande partie du monde arabe, le chanteur de 41 ans est une immense célébrité. Son tube Lm3allem a dépassé le milliard de vues sur YouTube faisant de lui l’une des plus grandes stars de la pop arabe contemporaine. Mais derrière cette trajectoire de vedette internationale, le chanteur est rattrapé depuis plusieurs années par des accusations de violences sexuelles.
En février 2023, l’artiste avait déjà été condamné à six ans de prison par la cour d’assises de Paris pour le viol d’une jeune femme dans un palace parisien en 2016. Une condamnation dont il a fait appel et qui doit encore être rejugée à Créteil.
Dans le Var, les faits examinés remontent à la nuit du 26 août 2018. Selon l’accusation, le chanteur aurait violé une barmaid de 29 ans dans la chambre d’un hôtel de luxe après une rencontre en soirée. La plaignante décrit une « nuit d’horreur » et affirme avoir été poussée sur le lit puis violée malgré son refus. La défense du chanteur soutient quant à elle la thèse d’une relation sexuelle consentie. Les avocats de Saad Lamjarred assurent que leur client « conteste fermement les accusations portées contre lui ».
La question centrale du consentement
Près de huit ans après les faits, l’audience doit largement reposer sur deux récits opposés. Dans son arrêt de renvoi devant les assises, la chambre de l’instruction d’Aix-en-Provence avait toutefois estimé qu’il existait suffisamment de charges pour juger le chanteur.
En 2021, les magistrats rappelaient notamment qu’accepter de monter dans une chambre d’hôtel ne suffit pas à caractériser un consentement à une relation sexuelle.
Avant même les affaires françaises, Saad Lamjarred avait déjà été mis en cause aux États-Unis dans un dossier d’agression sexuelle datant de 2010. La procédure s’était terminée sans poursuites pénales après le retrait de la plaignante et un accord civil.
Libre sous contrôle judiciaire, le chanteur encourt jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu jeudi 14 mai.


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