NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Il aura fallu à peine un an pour qu’Hugo Houle disparaisse de la gigantesque murale montréalaise qui devait immortaliser l’un des plus grands moments de l’histoire sportive québécoise.
Réalisée à l’été 2025 sur un immeuble de l’avenue du Mont-Royal, à l’angle de Saint-Urbain, l’œuvre de dix étages représentait le cycliste de Sainte-Perpétue levant le doigt vers le ciel lors de sa victoire historique au Tour de France. Cette semaine, son portrait a été recouvert et remplacé par celui de son ancien coéquipier Michael Woods.
La décision appartient évidemment au propriétaire de l’immeuble. Mais elle laisse tout de même une drôle d’impression. Une société qui érige des hommages pour les remplacer douze mois plus tard ne commémore plus vraiment son histoire : elle semble plutôt renouveler son décor au rythme de son fil d’actualité.
Un exploit qui, lui, ne sera pas remplacé
Hugo Houle est devenu, le 19 juillet 2022, le premier Québécois de l’histoire à gagner une étape de la Grande Boucle, et seulement le deuxième Canadien après Steve Bauer en 1988. Il avait gagné en solitaire la 16e étape entre Carcassonne et Foix.
Le moment avait en outre une charge personnelle particulière. En franchissant la ligne d’arrivée, Houle avait pointé vers le ciel et touché la chaîne qu’il portait en souvenir de son frère Pierrik, tué par un chauffard en 2012. Il expliquait alors avoir longtemps rêvé de lui dédier une victoire.
C’est précisément cette scène que reproduisait la murale. L’œuvre ne célébrait donc pas simplement « un cycliste populaire en 2025 ». Elle fixait dans le paysage montréalais un moment historique précis, avec son contexte, son émotion et sa signification.
Voilà pourquoi son remplacement paraît si ordinaire.
Effacé sans même être consulté
À la place de Houle apparaît maintenant Michael Woods, représenté lors de sa victoire d’étape au Tour d’Espagne de 2024, alors qu’il portait le maillot de champion canadien. Woods est évidemment lui-même un cycliste accompli et rien dans cette histoire ne justifie de diminuer ses réalisations. Le problème n’est pas qu’il mérite ou non un hommage.
Le problème est d’avoir jugé nécessaire d’effacer celui de Houle pour en créer un autre.
Selon Canadian Cycling Magazine, qui rapporte également les informations de La Presse, Houle n’a même pas été consulté. Il aurait appris par un ami que son image était en voie de disparaître. Le cycliste a indiqué n’avoir eu aucun contact avec l’homme d’affaires Sylvan Adams depuis septembre dernier et croit que la décision pourrait être liée à son départ de l’ancienne formation Israel-Premier Tech pour Alpecin.
Adams, qui avait contribué à la création de la première murale, est lié à Iberville Developments, propriétaire de l’immeuble. Il était donc parfaitement dans son droit de la modifier.
La question n’est pas juridique. Elle est culturelle.
L’hommage devenu contenu jetable
On peut difficilement s’empêcher d’y voir quelque chose de notre époque.
Nous produisons sans cesse des « moments historiques », des hommages, des cérémonies, des plaques, des publications célébrant telle personnalité ou tel événement. Puis arrive rapidement la prochaine nouveauté. L’attention se déplace, le symbole précédent devient vieux, et on recommence.
Tout doit être actuel. Tout doit être renouvelé. Tout doit générer une nouvelle image.
Même la mémoire semble désormais fonctionner comme un fil TikTok.
Une murale commémorative devrait pourtant être presque l’inverse de cela. Sa fonction est justement de résister au temps, de rappeler dans cinq, dix ou vingt ans à quelqu’un qui passe dans la rue qu’un événement digne de mémoire s’est produit.
On ne remplace pas la statue de Maurice Richard parce qu’un autre joueur du Canadien connaît une bonne saison. On n’efface pas un monument parce qu’un nouvel athlète mérite lui aussi d’être célébré. On trouve un autre mur.
Et Montréal n’en manque certainement pas.
Était-il réellement nécessaire d’effacer Hugo Houle?
La situation frôle d’ailleurs l’absurde puisque, pendant les travaux, l’inscription rappelant la « première victoire d’un Québécois au Tour de France » demeurait encore visible sur la fresque alors que le Québécois en question avait été remplacé par Michael Woods.
Cela résume presque involontairement le problème : le fait historique demeure, mais celui qui l’a accompli devient interchangeable.
Hugo Houle ne semble pas vouloir en faire une bataille. Il a rappelé que l’exploit lui appartient indépendamment de ce qui se trouve sur un mur et reconnaît au propriétaire le droit de faire ce qu’il souhaite de son immeuble.
C’est tout à son honneur.
Mais nous pouvons collectivement trouver cela cheap.
Parce qu’une société ne bâtit pas une mémoire en courant constamment après la prochaine chose à célébrer. Certains accomplissements méritent simplement qu’on les laisse tranquilles.
La victoire d’Hugo Houle au Tour de France en faisait partie.


3 week_ago
38



























.jpg)






French (CA)