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Horne 5 : le flou persiste quant aux risques sismiques

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Deux mois après le dépôt d’un rapport d’experts, le flou persiste entourant les risques de sismicité liés à la mine Horne 5 pour le Centre de radio-oncologie régional.

La directrice de santé publique régionale, la Dre Omobola Sobanjo, confirme avoir en main ce rapport depuis le mois de mars dernier, mais refuse pour l’instant de rendre public son avis sur le document.

Lors des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), à l’automne 2024, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) avait recommandé au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) d’exiger des études approfondies sur les risques de sismicité entourant le projet Horne 5, de Ressources Falco, avec un souci particulier pour les activités du centre de radio-oncologie.

Un peu plus d’un an plus tard, le comité d’experts mandaté pour réaliser l’étude a déposé son rapport.

Radio-Canada a tenté d’en obtenir copie par l’entremise d’une demande d’accès à l’information, mais seule une version entièrement caviardée du document a été acheminée.

Comme le montre cette capture d'écran, le rapport remis à Radio-Canada est entièrement caviardé.

Comme le montre cette capture d'écran, le rapport remis à Radio-Canada est entièrement caviardé.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran, rapport du CISSS-AT

Du côté de Ressources Falco, la vice-présidente environnement, développement durable et relations avec les communautés, Hélène Cartier, affirme ne pas être en mesure de fournir le rapport, arguant que le CISSS-AT en est propriétaire.

Refusant d’accorder une entrevue sur le sujet, Mme Cartier soutient néanmoins que les conclusions du rapport sont rassurantes et qu’elles permettent de jeter les bases d’une collaboration future.

Hélène Cartier est debout près d'un panneau présentant le projet Falco Horne 5.

Hélène Cartier est vice-présidente environnement, développement durable et relation avec les communautés pour Ressources Falco. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Annabel Ouellet

S’abstenant de donner son avis sur le rapport, la directrice régionale de santé publique mentionne que ce dernier a été acheminé au ministère de l’Environnement pour qu'il puisse en tenir compte avant de prendre la décision d’octroyer ou non le décret permettant à la mine Horne 5 d’aller de l’avant.

Comme il y a un processus qui est toujours en cours auprès du ministère, par respect pour ce processus-là, on ne rend pas disponible encore notre avis. Mais évidemment, comme tout document qui a été inscrit dans ce processus, à un moment donné, ça va être rendu disponible sur le site du ministère de l’Environnement, explique en entrevue la Dre Sobanjo.

Cette dernière indique que son avis sur le rapport ne sera pas rendu public avant la décision du gouvernement d’octroyer ou non le décret.

Dre Omobola Sobanjo

La directrice de santé publique régionale, la Dre Omobola Sobanjo. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Le projet Horne 5 est en évaluation, le projet n’a pas encore débuté. Nous, on a fait une évaluation pour savoir, si jamais ce projet débute, quels seraient les impacts sur nos activités. Actuellement, le projet n’est pas encore débuté, donc on ne peut pas commencer aucun acte. Il faut attendre le début du projet et ça, ça découle d’une autorisation ou d'une acceptabilité de projet. Dès que ça se fait, s’il y a des actions, c’est à ce moment que ces actions vont déclencher, mentionne-t-elle.

Dans un avis diffusé en marge des audiences du BAPE, en 2024, la DSPU avait écrit que les périmètres d’urbanisation devraient d’emblée être considérés comme des territoires incompatibles avec l’activité minière afin de favoriser la santé et le bien-être des populations, et est donc défavorable à l’implantation de tout projet minier à l’intérieur de ces limites.

Le Centre régional de radio-oncologie est situé à côté de l'Hôpital de Rouyn-Noranda.

Le Centre régional de radio-oncologie est situé à côté de l'hôpital de Rouyn-Noranda. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

Le rapport du comité d’experts a-t-il rassuré la directrice de la santé publique? Cette dernière demeure évasive.

Le rapport répond à notre demande, à savoir : “Est-ce qu’on est légitime d’avoir des préoccupations? Et si on a des préoccupations, est-ce qu’il y a des recommandations sur ce qui pourrait être fait?” Et ça, ça a été nommé. Par exemple, il va y avoir une surveillance qui va être faite, il faut avoir des données réelles, permettant d’adapter et d’ajuster et le promoteur a toujours dit qu’il va être en mesure d’adapter. Ça se peut que ça fonctionne, répond-elle.

En avril dernier, Hélène Cartier, de Falco, avait dit souhaiter obtenir une réponse du gouvernement concernant le décret avant l’été.

La Dre Sobanjo dit ne pas être au courant de l’échéancier du gouvernement pour cette décision.

Reconnaissant qu’il s’agit d’un enjeu d’intérêt public, elle signale que la population sera à terme informée du contenu du rapport, après la décision du gouvernement concernant le décret.

Et on va pouvoir tout expliquer et communiquer à notre population, parce que ça va devenir un enjeu plus réel. Actuellement, si on commence à en parler, je pense que c’est un peu précoce, termine-t-elle.

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