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Des voix se sont élevées pour dénoncer l’embauche de personnel d’administration qui ne maîtrise pas la langue française à l’Hôpital Notre-Dame de Hearst.
Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), a fait part d'une crainte que ce choix puisse mettre en péril l’identité du centre hospitalier, à l’émission Pas comme d’habitude.
Une personne anglophone qui se retrouve à la tête de l’hôpital, ça veut dire que maintenant les réunions de gestion se produisent en anglais, ça veut dire que vous qu’on mette moins l’accent sur nos obligations, notre réalité francophone, et c’est là que ça commence à s’effriter, indique-t-il.

Fabien Hébert souhaite que le conseil d’administration de l’établissement de santé explique sa décision d’embauche et qu’il « fasse preuve de transparence. » (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Amadou Barry
M. Hébert précise qu’il ne s’agit pas d’une attaque à l’individu, mais d’une critique envers l’administration.
André Rhéaume, résident de Hearst, a envoyé une lettre en juillet au CA de l’établissement de santé dans laquelle il réclame que la langue française soit un prérequis pour un poste en haute direction.
La direction générale, c’est probablement la personne qui est le plus en contact avec la communauté et les gérants gouvernementaux. Alors, si l’on veut faire du recrutement de personnel francophone, j’ai peur que ça ne soit pas pris au sérieux, souligne-t-il.
Est-ce que la Loi sur les services en français oblige l’embauche de candidats francophones?
L’Hôpital Notre-Dame est désigné pour la prestation de services en français, en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario.
Par contre, le texte de la loi ne précise aucune stipulation sur l'embauche de candidats, mais l’organisme doit desservir la population en fournissant des services permanents en français.
Stéphanie Chouinard, professeure de science politique au Collège militaire royal du Canada, indique que pour bien servir la population majoritairement francophone, la loi ne se limite pas aux travailleurs de première ligne.

Stéphanie Chouinard, professeure de science politique au Collège militaire royal du Canada à Kingston. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Quand on parle de services en français, ça veut dire aussi toutes les communications qui sont destinées au public; et donc un directeur de l’information, un directeur général aussi, qui doit prendre la parole publiquement pour représenter cette institution auprès de la communauté, ont également des responsabilités de servir la population en français , explique-t-elle.
La politologue précise que ce cas démontre l’importance d’une interprétation étendue du texte législatif, pour être en mesure de capter l’amplitude des services en français prévue par l’établissement.
Mme Chouinard précise qu’il est important de départager les qualités linguistiques et l’individu embauché. Selon elle, c'est une question de service à la communauté nord-ontarienne, ainsi que le fonctionnement à l'interne du centre hospitalier.
Le conseil d’administration de l’hôpital Notre-Dame de Hearst et l'Alliance recrutement médical Hearst ont refusé les demandes d’entrevues de Radio-Canada.
Avec les informations d’Espérance Fatuma et de Chris St-Pierre.


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