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L’écrivaine confie n’avoir pas été très politisée lors de sa jeunesse au Cameroun. Elle se rattrape depuis, tout particulièrement avec « Nos vies sauvages », le roman de celles et ceux qui luttent pour la démocratie dans son pays natal, étouffé par le régime autoritaire de Paul Biya.
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L’écrivaine camerounaise Hemley Boum, à Turin (Italie), en février 2026. A plusieurs reprises au cours de notre rencontre, Hemley Boum fera l’éloge du roman. Même si, dès son plus jeune âge, elle a commencé à lire tout ce qui lui tombait sous la main (Baudelaire, Hugo, Anaïs Nin…) et à écrire de la poésie, dont elle glisse quelques vers dans chacun de ses livres, l’écrivaine voue un culte au genre romanesque. « Je trouve que le roman contemporain est merveilleux, affirme-t-elle. Toutes les voix que l’on entend aujourd’hui donnent l’impression que la bibliothèque intérieure du monde – qui rassemblerait tous les livres jamais écrits – vient de s’ouvrir en grand, et que des livres arrivent de partout. Je pense que la création littéraire n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui, même si on dit que les gens ne lisent pas ! » Assise au milieu d’une bibliothèque dans les bureaux de son éditeur, Gallimard, où nous l’avons rencontrée, Hemley Boum cite l’Indienne Arundhati Roy, l’Anglo-Libyen Hisham Matar et le Nigérian Ben Okri parmi ses derniers coups de cœur. Son optimisme, à rebours de la grisaille frappant le ciel parisien et le moral du milieu éditorial, ravit.
Actuellement au DAAD (Deutscher Akademischer Austauschdienst), une résidence d’artistes réputée qui l’accueille pour un an à Berlin, Hemley Boum est à Paris pour la promotion de son nouveau roman, Nos vies sauvages. L’ouvrage vient d’obtenir le prix Landerneau des lecteurs et figure dans la deuxième sélection du Renaudot. Autrice de six livres, traduite dans sept langues et récompensée par plusieurs prix, Hemley Boum jouit aussi d’une aura particulière au Cameroun – où elle est née en 1973, a vécu, et retourne souvent –, notamment auprès des jeunes lecteurs, curieux de connaître l’histoire de leur pays, qu’elle explore et éclaire dans son travail romanesque. « Je veux être lue et comprise par cette génération », avoue-t-elle. Comme dans ses précédents livres, Les jours viennent et passent (Gallimard, 2019), qui s’intéressait à la menace terroriste de Boko Haram, ou Le Rêve du pêcheur (Gallimard, 2024), où étaient décrits les ravages de la pêche industrielle au Cameroun, Nos vies sauvages pose la question de la mémoire et de l’héritage des luttes – de manière plus radicale encore, avec cette plongée au cœur du pouvoir qu’exerce Paul Biya sur le Cameroun depuis son accession au pouvoir, en 1982, et de la répression des mouvements pour la démocratie des années 1990.
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