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La police fédérale américaine a accusé le groupe de pirates informatiques nord-coréens TraderTraitor d’être à l’origine du vol de 6,3 milliards de dollars d’actifs numériques. « Une grave provocation politique », a dénoncé Kim Yo Jong, sœur du dirigeant Kim Jong-un.

Le logo de la plateforme de cryptomonnaies Binance. Le logo de la plateforme de cryptomonnaies Binance.

Des allégations « absurdes » visant à « nuire à l’image internationale » de Pyongyang. La Corée du Nord a fermement démenti, mardi 3 novembre, les accusations du FBI, selon lesquelles elle serait à l’origine du piratage record de la plateforme de cryptomonnaies Binance, dont le préjudice est évalué à 6,3 milliards de dollars (environ 5,6 milliards d’euros).

Les accusations formelles de la police fédérale américaine, samedi, relèvent d’une « rhétorique absurde n’apportant rien de nouveau », a fustigé Kim Yo Jong, l’influente sœur du dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un, dans un communiqué diffusé par l’agence de presse d’Etat KCNA. Les Etats-Unis ont déjà tenu la Corée du Nord responsable du piratage de Bybit, en février 2025, qui représentait, à l’époque, le plus important vol de cryptomonnaies de l’histoire, avec 1,5 milliard de dollars de butin.

Kim Yo Jong a dénoncé « une grave provocation politique » à l’égard de Pyongyang, estimant que « les Etats-Unis trompent l’opinion publique internationale, comme si tous les cybercrimes commis dans différentes parties du monde étaient [du] fait [de la Corée du Nord] ».

Le FBI a accusé le groupe de pirates informatiques nord-coréens connu sous le nom de TraderTraitor d’être derrière le pillage de Binance, numéro un des cryptomonnaies en volume d’échanges revendiquant 335 millions d’utilisateurs. Selon le FBI, c’est cette même entité qui avait piraté la plateforme Bybit, en 2025.

« Prestige national »

Le groupe TraderTraitor est considéré comme faisant partie du groupe Lazarus, vaste nébuleuse du cybercrime, elle-même affiliée au renseignement nord-coréen. Lazarus s’était fait connaître en 2014 quand il a été accusé d’avoir piraté les studios Sony Pictures Entertainment, en représailles au film satirique sur la Corée du Nord intitulé L’Interview qui tue !, qui moquait Kim Jong Un.

Dans le communiqué de mardi, sa sœur a dénoncé « une tentative sinistre de nuire à l’image internationale de la [Corée du Nord], de porter atteinte à sa dignité et à son prestige national, et une nouvelle violation grave de [sa] souveraineté ». Mme Kim a assuré que « la politique constante » du gouvernement nord-coréen est de « s’opposer résolument à tous actes malveillants dans le cyberespace ».

Selon un rapport de l’armée américaine datant de 2020, l’unité nord-coréenne de cyberguerre, le « Bureau 121 », compte 6 000 membres qui opèrent aussi à partir de l’étranger, notamment de Biélorussie, de Chine, d’Inde, de Malaisie ou de Russie. En 2024, le renseignement sud-coréen estimait le nombre de ces « soldats du numérique » à 8 400.

Pour Michael Bosack, ancien officier du commandement des Nations Unies en Corée du Sud et directeur du Parley Policy Institute, une organisation à but non lucratif, la Corée du Nord « s’est sentie obligée de réagir » en raison du « niveau d’attention internationale suscité par l’incident », le butin de Binance pesant « près d’un quart du PIB annuel estimé » du pays.

Le Monde avec AFP