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Hausse des troubles alimentaires depuis la pandémie

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L’organisme québécois Anorexie et boulimie Québec (ANEB) remarque une hausse des cas et une diversification des troubles alimentaires depuis la pandémie. Au terme de la semaine de sensibilisation des troubles alimentaires, Perrine Bullant, de l'émission Fin PM, a fait le point sur la situation.

Au Québec, on considère que c’est autour de 300 000 personnes qui vivent avec des troubles alimentaires, mais ce chiffre est sous-représenté, selon Lise-Andrée Massé, responsable de l’éducation et de la prévention chez ANEB.

Quelqu’un qui va dire : "je vais aller m'entraîner parce que j’ai beaucoup mangé en fin de semaine". La pesée, pourquoi on a une balance dans la salle de bain? [...]  Des comportements comme ça peuvent soulever que, derrière cette personne-là qui compte ses calories, il y a peut-être quelqu’un qui souffre de troubles alimentaires, explique Mme Massé.

En revanche, elle souligne aussi que ça ne veut pas dire non plus que parce que tu comptes tes calories, tu vas avoir un trouble alimentaire, mais c’est important qu’on se questionne. 

Lise-Andrée Massé remarque qu’encore beaucoup de personnes ne viennent pas chercher de l’aide, comme c’est le cas pour plusieurs hommes. Elle souligne que, dans notre imaginaire collectif, le trouble alimentaire est encore beaucoup associé à l’image d’une adolescente aux prises avec l’anorexie.

Des troubles alimentaires variés

Entend-on suffisamment parler d’hyperphagie ? Lorsqu’une personne va manger en très, très grosse quantité dans une période de temps très limité. Ou encore, de bigorexie ? Lorsqu’une personne qui pratique un sport considère qu’elle n’est jamais suffisamment musclée. Et l’orthorexie ? L’obsession de manger sainement, de contrôler le choix des aliments et la façon de les cuisiner.

Le Centre de recherche Loricorps, qui œuvre sur les comportements alimentaires, a calculé que 48 % de la population est susceptible de tomber dans le trouble alimentaire.

Johana Monthuy-Blanc, professeure-chercheuse à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et responsable depuis 15 ans de Loricorps, s’intéresse justement aux personnes qui n’ont pas de diagnostic clinique, mais qui vivent avec une préoccupation corporelle – de quoi ai-je l’air ? – ou des sensations corporelles – comment je me sens dans mon corps ? –.

Selon Mme Monthuy-Blanc, ces personnes étaient complètement invisibles dans les recherches scientifiques il y a encore 5 ans. 

Le confinement pandémique a eu cette capacité de mettre devant nos yeux le fait qu’on peut générer une souffrance liée à l’alimentation sans pour autant rentrer dans les critères diagnostiques de l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie. Et que ces populations-là, qui étaient invisibles, se sont rendues visibles grâce à la pandémie, explique Johana Monthuy-Blanc.

Un mode de vie influencé par les réseaux sociaux

Selon la professeure-chercheuse à l’UQTR, les sociétés modernes ont basculé dans l’ultraexposition dû à une consommation croissante des réseaux sociaux. Et l’hyperexposition, alors que de plus en plus de personnes voient leur visage dans l’écran en réalisant des visioconférences pour le travail, l’école ou encore pour consulter un médecin.

On est passé d’une vie à une télévie. On fait des télécours, des téléconsultations, et ça a des conséquences, parce que notre image, on la voit toujours à la troisième personne. On n'est pas habitué à parler à quelqu’un en se voyant toujours. Et cette société à la troisième personne a de grandes conséquences sur notre façon de s’alimenter , détaille Mme Monthuy-Blanc. 

Pour éviter de tomber dans des troubles alimentaires, l’experte suggère de ne pas se fier aux discours des réseaux sociaux et de se tourner plutôt vers une information fiable. Des tests sont par exemple disponibles en ligne sur le site d’ANEB pour se questionner sur ses habitudes alimentaires.

Multiplier les activités en nature tout en se déconnectant des écrans est selon elle un terreau fertile pour sensibiliser les populations et se reconnecter à nous-mêmes.

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