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La Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie a diffusé son rapport annuel 2025-2026. Celui-ci fait état d’une augmentation de 30 % des revenus, malgré une baisse de 11 % du volume global de marchandises manutentionnées. L’organisation a également investi 13 M $ dans ses infrastructures.
Le rapport souligne aussi des défis importants liés au vieillissement des infrastructures et à l’ensablement de certains ports.
Au terme de l’exercice financier, les revenus de la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie (SPBSG) ont atteint 3,1 M$. L’organisation indique que cette somme lui a permis de couvrir l’ensemble de ses frais d’exploitation.
On a vraiment eu une belle année. [...] L’objectif de la Société, c’est d’autofinancer toute l’opération portuaire et on tend de plus en plus vers cet objectif.

La Matanaise Anne Dupéré est la présidente-directrice générale de la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
L’organisation anticipait pourtant une année difficile en raison de l’incertitude économique et des changements dans les commandes en provenance des États-Unis. Or, les activités liées à l’industrie éolienne ont permis de compenser une partie de ces effets, selon Anne Dupéré.
Des marchandises légères, mais payantes
Cette croissance s’explique notamment par le transport de composantes d’éoliennes dans les ports de Gros-Cacouna et de Gaspé. Ces pièces, comme les pales, sont volumineuses, mais relativement légères. Elles contribuent donc peu au tonnage total, tout en générant d’importants revenus liés à leur passage sur les quais.
Le volume de marchandises manutentionnées dans les quatre ports administrés par la SPBSG a ainsi reculé de 11 %, pour s’établir à 678 000 tonnes métriques.
En parallèle, les revenus de quaiage ont bondi de 40 % au cours de l’exercice, selon le rapport annuel.

Selon Anne Dupéré, « tout le développement éolien dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie a notamment avantagé le port de Gros-Cacouna ». (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron
Matane tire le bilan vers le bas
Cette diminution du volume de marchandises est principalement attribuable au port de Matane, où le tonnage a chuté de 36 %. Les exportations vers l’Asie et l’Europe ont diminué de près de moitié par rapport à l’exercice précédent, notamment en raison de la conjoncture économique.
Le vieillissement des infrastructures limite également les activités. La fin de vie utile des infrastructures est prévue en 2033 et des restrictions de charge doivent être imposées. Selon le rapport, le transport de marchandises ne pourra pas progresser de manière importante avant leur reconstruction.
Le port est actuellement rendu à moins de 30 % de sa capacité normale de transbordement en raison du manque d’entretien au fil des ans. Le quai est affaibli et certaines opérations de transbordement sont refusées.
Depuis la publication du rapport, Québec a annoncé un investissement de 21,6 M$ dans le projet de modernisation du port et de construction d’un nouveau poste à quai.

Le maire de Matane se réjouit que le projet de modernisation du port aille de l'avant. 400 emplois additionnels seront ajoutés aux 1140 emplois directs et indirects actuels. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Fort heureusement, avec l’écoute du ministre Drainville et la collaboration de Pascal Bérubé, notre député, on a eu cette belle nouvelle qui a été annoncée le 10 juillet dernier, ajoute le maire de Matane, Eddy Métivier.
Une progression dans les trois autres ports
La situation est toutefois différente ailleurs. Le tonnage a augmenté de 1 % à Gros-Cacouna, de 9 % à Rimouski et de 13 % à Gaspé.
La SPBSG a investi plus de 13 M$ dans ses infrastructures en 2025-2026, notamment dans des travaux de dragage perturbés par la météo. À Gros-Cacouna, la formation hâtive de glace a empêché de terminer la première campagne de dragage à l’automne 2025.
L’organisation avait obtenu, en août, une autorisation couvrant ces travaux pour 10 ans. On ne peut pas commencer à draguer avant le 15 octobre et on peut difficilement dépasser la mi-décembre. C’est une période très courte, explique Anne Dupéré.
À Rimouski, des travaux de dragage d’urgence visant à sécuriser les postes à quai 3 et 4 ont aussi dû être reportés au printemps 2026 en raison de la météo. On avait vraiment besoin d’un dragage d’urgence parce que le Bella Desgagnés avait de plus en plus de difficulté à entrer au port, souligne-t-elle.
Plus de 300 000 mètres cubes de sédiments devront y être retirés au cours des dix prochaines années afin d’assurer la sécurité de la navigation. À Gaspé, les investissements ont notamment permis d’améliorer les espaces d’entreposage.


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