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Santé 12/05/2026 18:35 Actualisé le 12/05/2026 18:40
Stéphanie Rist, ministre de la Santé, accompagné de plusieurs spécialistes a fait le point sur les données dont dispose la France sur l’hantavirus et les moyens de s’en protéger.
« La décision du gouvernement est la bonne. La situation est sous contrôle. » Depuis le Kenya ce mardi 12 mai, Emmanuel Macron a tenu à rassurer sur les cas d’hantavirus qui ont surgi sur une croisière fréquentée par cinq Français. Au même moment, la ministre de la Santé organisait une première conférence de presse consacrée au hantavirus des Andes avec le même objectif.
Se montrer rassurant autant que possible et tenter de répondre aux questions qui émergent. D’emblée, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a voulu temporiser, estimant qu’il n’y a pas actuellement « d’éléments en faveur d’une circulation diffuse du virus » en France. Assis à ses côtés une rangée de spécialistes ont fait le point sur ce que l’on sait du virus, de la maladie, et de sa propagation.
· Les malades en France
Selon Stéphanie Rist, 22 cas contact ont été identifiés en France : « ils ont tous été contactés, testés, hospitalisés ou en cours d’hospitalisation et font l’objet d’un suivi sanitaire rigoureux ». Ils sont hospitalisés dans des centres de références pour un minimum de 15 jours et les résultats de leurs tests sont attendus dans les prochaines 24 heures. Parmi eux figurent des enfants mais aucun ne présente de symptôme à ce stade.
La ministre a également jugé « fortement probable » qu’une jeune femme hospitalisée à Marseille soit un cas contact. Il pourrait s’agir d’« une patiente parmi les 14 du second vol ».
Sur les cinq Français ayant voyagé sur le MV Hondius, « quatre d’entre eux vont bien et sont testés négatif » mais « une patiente testée positif à l’hantavirus est actuellement en réanimation » à Paris, a-t-elle déclaré. « Elle présente la forme la plus grave », a précisé le professeur Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat (Paris), ajoutant qu’elle est notamment oxygénée avec « un poumon artificiel ».
· Contamination et durée d’incubation de la maladie
Xavier Lescure a rappelé que le réservoir du virus est purement animal via des rongeurs et qu’il reste « infectant pendant plusieurs semaines ». C’est l’un des rares hantavirus à pouvoir se transmettre d’homme à homme « mais de manière pas très efficace », soit par voie respiratoire ou contact direct de manière prolongée. La maladie touche, a-t-il précisé, la paroi des vaisseaux sanguins.
« La période d’incubation est longue, en moyenne deux à trois semaines mais elle peut aller jusqu’à six semaines. Au début les signes cliniques peuvent passer inaperçus, car ils sont assez anodins (fatigue, maux de tête). Ils sont suivis de deux à trois jours fièvres intense » puis très viennent « soit l’insuffisance rénale, soit l’atteinte pulmonaire ». « L’incubation est longue mais la dégradation qui suit est rapide », a encore précisé l’infectiologue.
· Létalité et traitement
À l’heure actuelle il existe peu de données sur les facteurs de risques, ont précisé les spécialistes, mais la létalité du virus des Andes fait partie des plus élevée. Antoine Flahault, épidémiologiste, décrivant ainsi un virus « extrêmement dangereux, sévère, avec une létalité presque spontanée de 30 à 50 % ».
Il n’y a pour l’instant pas de traitement antiviral efficace, a détaillé l’Institut Pasteur, tout comme il n’existe pas de vaccin. « D’où la nécessité d’avoir une recherche rapide et coordonnée », a souligné Xavier Lescure. Les soignants ne peuvent donc qu’apporter des « soins de support », dont certains parmi les « plus invasifs ». À cet égard, Olivier Schwartz, directeur de l’unité virus et immunité de l’Institut Pasteur, a évoqué des « projets en phase clinique et préclinique » pour trouver un vaccin.
Pour s’en prémunir, les spécialistes ont évoqué les gestes barrières désormais bien connus : la distanciation physique, le lavage des mains, et le port du masque. Xavier Lescure a par ailleurs rappelé qu’en l’état actuel des connaissances : « Il n’est pas impossible que l’on soit en face d’un variant qui ait muté ». Les scientifiques attendent une réponse sur ce point dans les prochains jours, une fois le séquençage du virus effectué.
· Hantavirus chez les enfants
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a précisé que « des enfants » se trouvent parmi les huit Français cas contact qui ont voyagé à bord du vol Saint-Hélène-Johannesburg, dans lequel se trouvait une passagère positive depuis décédée. Les scientifiques interrogés sur la maladie chez les enfants ont évoqué un état clinique identique à celui des adultes. « Pour les enfants, les études sont rares. Est-ce que c’est plus grave ? C’est la même clinique, la même maladie et c’est malheureusement la même mortalité », a détaillé Xavier Lescure.
· Stocks de masques et hospitalisation
Les errements du gouvernement au début de la pandémie de Covid sur les stocks de masques en France avaient durablement marqué l’opinion publique début 2020. Cela a donc fait partie des premières questions à émerger en conférence. Sur ce sujet, la ministre de la Santé indique reconstituer « la quantité de stocks nécessaires ». « Nous sommes sur la trajectoire prévue de reconstitution de stocks de masques, nous n’avons pas d’inquiétudes sur le sujet ». Le masque FFP2 est toujours plus efficace pour prévenir la transmission, mais le masque chirurgical demeure une bonne protection, a précisé Antoine Flahault.
Quant aux places d’hospitalisation, Stéphanie Rist a assuré que les autorités n’avaient eu aucun mal à trouver des places dans des chambres particulières. « Sur les places d’hospitalisation, nous avons eu aucune difficulté à trouver des places pour les cas identifiés qui sont dans des chambres particulières », ajoute-t-elle. Ces chambres disposent notamment d’une ventilation particulière.


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