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Longtemps considérée comme une simple halte sur la route de l’Alaska, Haines Junction attire des visiteurs qui en font désormais une destination à part entière, constatent des entreprises touristiques de la région de Kluane et le gouvernement du Yukon.
Le gouvernement calcule que 69 418 véhicules ont circulé entre Whitehorse et Haines Junction durant les sept premiers mois de 2026, soit une hausse de 7,9 % par rapport aux niveaux prépandémiques.
Le nombre de passages vers l’Alaska au poste-frontière de Beaver Creek, situé en amont de Haines Junction sur la route de l'Alaska, est quant à lui demeuré légèrement inférieur à celui d’avant la pandémie.
Selon le ministère du Tourisme, cela indique un changement fondamental dans les habitudes de voyage.
De plus en plus de visiteurs arrivent au Yukon par avion et choisissent de séjourner dans la région de Haines Junction, plutôt que d’utiliser l’endroit comme une étape lors d'une escapade routière classique en Alaska, écrit un porte-parole dans un courriel.
Ces chiffres concernent les véhicules, et non pas spécifiquement les touristes, et ils ne précisent pas la durée du séjour de chaque voyageur.
Le centre d’information touristique de Haines Junction a quant à lui enregistré 25 686 visites de janvier à août, contre 21 070 durant la même période en 2025, une hausse de près de 22 %. Le gouvernement précise toutefois qu’une partie de cette augmentation est due à la réactivation des compteurs de fréquentation plus tôt cette année.
Plus de transport, plus de nuits
Lynn Iler, propriétaire de l’auberge Raven’s Rest Inn, observe également un changement. Il y a environ cinq ans, dit-elle, ses clients réservaient couramment pour une nuit, tandis qu’aujourd’hui, c’est davantage le cas pour plusieurs nuits.

Lynn Iler est propriétaire du Raven’s Rest Inn à Haines Junction. Elle constate que les visiteurs passent davantage de temps dans la communauté qu'auparavant.
Photo : CBC / Viktor Elias
Son établissement encourage d’ailleurs les visiteurs à rester environ trois nuits et propose des forfaits de quatre ou cinq nuits pour ceux qui souhaitent faire de la randonnée, du canot ou du kayak dans la région.
Lynn Iler estime qu’un séjour plus long permet de mieux découvrir la faune, la cuisine locale et la communauté d’environ 1000 habitants.
On ne peut pas se dépêcher dans cette région, soutient-elle.
Isabelle Piché, propriétaire d’Adventure Time, offre depuis trois ans une navette entre Whitehorse et Haines Junction ainsi que du transport vers les sentiers du parc national Kluane.
Elle constate déjà une hausse de la clientèle, notamment des voyageurs qui arrivent à Whitehorse en avion et qui n’ont pas de véhicule pour se sortir de la capitale.
Selon elle, c’est la randonnée qui attire ces clients. Certains restent cinq à sept jours pour réaliser des randonnées de plusieurs jours, tandis que d’autres séjournent de trois à cinq jours à Haines Junction.
Isabelle Piché dit que certains visiteurs prévoient une excursion d’une journée avant de réaliser qu’ils ont besoin de plus de temps.

Isabelle Piché est propriétaire et gérante de l'entreprise Adventure Time à Haines Junction.
Photo : Fournie par Isabelle Piché
Elle raconte avoir lancé son entreprise après avoir constaté que des visiteurs payaient des taxis jusqu’à Haines Junction, à 155 km de Whitehorse, faute de transport public ou de navette régulière.
Selon elle, le transport demeure l’un des principaux obstacles au développement touristique à l’extérieur de Whitehorse.
Encourager à explorer
Le gouvernement territorial et l’industrie touristique cherchent également à encourager les voyageurs à explorer davantage le Yukon au-delà de Whitehorse.
Ben Ryan, président de l’Association touristique du Yukon, souligne que ces efforts visent aussi à augmenter la fréquentation en dehors des mois de pointe de juillet et août.
Eduardo Lafforgue, directeur du tourisme au gouvernement du Yukon, explique que le territoire cherche des visiteurs à forte valeur.
Ce terme ne fait pas tant référence aux personnes qui dépensent plus, mais plutôt à celles qui restent plus longtemps et voyagent de façon respectueuse pour les communautés et l’environnement, explique-t-il.
Pour Lynn Iler, l’objectif est surtout d’inciter les visiteurs à ralentir une fois arrivés, afin qu’ils puissent simplement prendre leur temps.
Avec les informations de Viktor Elias (nouvelle fenêtre)


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