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Un deuil national a été décrété dans le royaume scandinave à la suite de la mort, vendredi, de Harald V, figure rassembleuse restée trente-cinq ans sur le trône. Son fils doit prononcer samedi soir un discours à sa mémoire, avant de prêter serment d’allégeance à la Constitution mardi.

Le nouveau roi de Norvège, Haakon VIII, et la princesse héritière, Ingrid Alexandra, saluent les membres du gouvernement, au Palais royal, à Oslo, le 28 août 2026. Le nouveau roi de Norvège, Haakon VIII, et la princesse héritière, Ingrid Alexandra, saluent les membres du gouvernement, au Palais royal, à Oslo, le 28 août 2026.

La Norvège entre dans une nouvelle ère après la mort de Harald V. Le nouveau roi, son fils, Haakon, s’est rendu, vendredi 28 août, au palais royal avec sa fille de 22 ans, Ingrid Alexandra, la nouvelle princesse héritière, pour informer officiellement le gouvernement du décès dans la matinée, à l’âge de 89 ans, du doyen des souverains d’Europe.

« Je prendrai le nom de Haakon VIII et je perpétuerai la devise que mon père, mon grand-père et mon arrière-grand-père ont choisie : “Tout pour la Norvège” », a déclaré celui qui, à 53 ans, aura, comme son père, des fonctions essentiellement protocolaires. Le nouveau roi tiendra à 19 heures samedi un discours à sa mémoire, a indiqué le Palais dans un communiqué.

Un deuil national a été décrété dans le royaume scandinave à la suite de la mort de Harald V, figure rassembleuse restée trente-cinq ans sur le trône. Hospitalisé depuis le 17 août, il souffrait d’une anémie hémolytique, maladie du sang qui se traduit par une destruction anormalement rapide des globules rouges.

Toute la journée de vendredi, des milliers de personnes se sont recueillies devant le palais royal d’Oslo, où la dépouille de Harald V a été transportée dans la soirée. Des Norvégiens se sont massés sous la pluie pour apercevoir la procession, au sein de laquelle a pris place la famille royale.

Sans attendre les funérailles royales, dont la date n’a pas été annoncée et qui marqueront la fin du deuil national, le nouveau souverain prêtera serment d’allégeance à la Constitution, mardi. Il ne devrait pas être couronné, pratique abolie en 1908, mais pourrait choisir, comme son père et son grand-père, de faire bénir son règne lors d’une cérémonie à la cathédrale de Trondheim, où les rois norvégiens ont été couronnés entre 1814 et 1906.

Rassemblement devant le Palais royal en hommage au roi Harald V de Norvège, à Oslo, le 28 août 2026. Rassemblement devant le Palais royal en hommage au roi Harald V de Norvège, à Oslo, le 28 août 2026.

Vents contraires

« Une époque s’est terminée. Une nouvelle commence. Le roi est mort. Vive le roi », a déclaré le premier ministre, Jonas Gahr Store, dans un bref discours après sa rencontre avec le nouveau monarque. « Nous nous souviendrons du roi Harald pour son amour de son peuple, son humour et sa chaleur humaine, et pour sa foi inébranlable en nous », a ajouté le dirigeant.

Les hommages ont aussi afflué de l’étranger, de la part des monarchies européennes ainsi que des dirigeants du monde entier, dont Donald Trump qui a salué la mémoire d’« un homme fort, fier, et grandement respecté ».

Harald V, qui était monté sur le trône en 1991, était largement perçu comme l’incarnation d’une Norvège ouverte et tolérante. Nombre de Norvégiens interrogés par l’Agence France-Presse ont cité son discours après les attaques mortelles du néonazi Anders Behring Breivik qui ont fait 77 victimes le 22 juillet 2011, le pire massacre en Norvège depuis la seconde guerre mondiale.

Depuis plusieurs années, Harald souffrait de multiples problèmes de santé, mais il a toujours exclu d’abdiquer, faisant valoir qu’il avait prêté un serment à vie devant le Parlement. Son héritier, Haakon, populaire, se montre modeste, fuyant le faste et l’ostentation. Il a fait siennes les préoccupations de sa génération : défense de l’environnement, lutte contre le racisme, combat contre l’homophobie…

Mais il accède au trône au milieu de vents contraires. Les liens de son épouse Mette-Marit avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, la condamnation de son beau-fils pour viol, et les frasques du couple excentrique formé par sa sœur et un Américain chaman autoproclamé ont entamé le lustre de la monarchie.

Outre ces scandales, la famille royale norvégienne a traversé une période difficile ces derniers mois en raison des problèmes de santé du défunt souverain ainsi que de la nouvelle reine. Mette-Marit souffre d’une maladie pulmonaire incurable qui lui a valu une greffe des poumons en juin.

Le Monde avec AFP