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Dans la nuit du 28 au 29 août, un drone russe à réaction s'est écrasé sur un dépôt de munitions à Myla, un village situé à environ 25 kilomètres du centre de Kiev. Deux jours plus tard, Volodymyr, 61 ans, agent de sécurité, guide les visiteurs, depuis la maison familiale jusqu'au lieu de l'impact, situé à 300 mètres de là. Sa maison a été gravement endommagée: le toit a été arraché et les fenêtres à l'arrière sont brisées.
Le bilan s'est alourdi d'une victime dimanche 30 août, portant le nombre total de morts à 38. Cet incident a rapidement soulevé des questions sur les raisons pour lesquelles des munitions étaient stockées si près des habitations. Dans la cour devant le jardin, Vira, 65 ans, n'a aucun doute sur le responsable: «Ce sont ceux qui ont installé le dépôt là. Il y a des gens ici, c'est un village. On ne peut pas entreposer ce genre de choses ici», dit-elle. Dans un reportage sur place, The Guardian constate les dégâts que subissent les villages à cause des stockages d'armes à proximité des civils.
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Vira et son fils Serhii se sont cachés pendant des heures dans un petit abri situé à côté de la maison, attendant la fin des trente à cinquante explosions qui se sont succédé pendant six heures dans la nuit du vendredi 28 août au samedi 29 août.
La visite guidée de Volodymyr se poursuit à l'arrière. Une bande d'herbe, qui fait office de sentier, a été tracée à travers le bois au-delà du jardin, entre des zones noircies où les incendies ont fait rage. On y voit des braises, voire des flammes par endroits, d'autres balles et des boîtes de munitions, puis, sur la droite, une mine antichar qui a explosé.
À proximité, le bois dévoile un site d'entrepôts en grande partie détruit par les bombes. Une odeur de soufre persiste et, de temps en temps, des explosions se font toujours entendre.
Des munitions encore éparpillées
Trente des victimes provenaient d'une maison de retraite située près du dépôt de munitions, dont l'emplacement fait désormais l'objet d'une enquête pénale menée par les services de renseignement ukrainiens. Mais ce n'est pas la première attaque de ce type ces dernières semaines. D'autres bombardements russes ont visé des dépôts de munitions situés à proximité de villages.
«Regardez ce qui se passe ici. Tout est réduit en miettes, juste ici. Vyshneve [le lieu de l'incident précédent, ndlr] ne leur a pas suffi, et il y en a eu d'autres ailleurs aussi. Ils ont déversé tout ça juste à côté des potagers des gens, juste devant leur porte», dénonce Liudmyla, une habitante, en avertissant que des munitions sont encore éparpillées un peu partout, sans avoir été ramassées.
Début juillet, neuf personnes ont été tuées après qu'un dépôt de munitions a été touché à Vyshneve, et 280 habitations ont été endommagées. Deux personnes ont été placées en garde à vue, soupçonnées d'avoir autorisé le stockage d'armes dans un lieu inapproprié. Alors que Kiev subit des attaques de plus en plus fréquentes, les habitants expriment leur colère contre ceux qui stockent des armes près de leurs maisons.





























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