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Grok déshabille les femmes sans leur consentement sur X, un acte puni par la loi

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L’intelligence artificielle développée pour X est utilisée par des internautes pour déshabiller entièrement (ou presque) des photos de femmes postées en ligne.

Chatbot d’intelligence artificielle générative développé pour le réseau social X, Grok fait encore parler de lui pour de mauvaises raisons.

JAKUB PORZYCKI / NurPhoto via AFP

Chatbot d’intelligence artificielle générative développé pour le réseau social X, Grok fait encore parler de lui pour de mauvaises raisons.

EN BREF L’IA Grok sur X est utilisée pour créer des deepfakes nudifiés de femmes sans consentement, provoquant un tollé politique et social.
Les personnalités politiques et internautes appellent à des actions légales et à la modification des paramètres de confidentialité pour se protéger.
Le Code pénal prévoit des peines sévères pour ces actes, qualifiés de cyberharcèlement.

« Un harcèlement sexuel massif pour commencer l’année. » Voilà comment plusieurs femmes résument leur début d’année 2026 sur le réseau social X. En cause ? Grok, le chatbot boosté à l’IA de la plateforme détenue par Elon Musk utilisé par certains internautes pour transformer des photos de femmes postées sur le réseau social en « deepfake nudifiés ».

Sans le consentement des femmes ciblées par cette pratique, des internautes mal intentionnés profitent donc allégrement des règles de modération laxistes de Grok. Ces derniers jours, les plaintes et témoignages se sont multipliés au point de faire réagir la classe politique. Ainsi que plusieurs acteurs identifiés de l’Internet français.

Et c’est principalement à gauche de l’échiquier politique que la réponse s’est organisée. Plusieurs élus socialistes et de La France insoumise ont partagé leur écœurement face à cette pratique de déshabillage numérique (parfois intégral) de femmes sur X.

« Cette année commence bien en matière de culture du viol… L’IA n’est juste qu’un outil de plus pour les agresseurs… donnant peut être à certains l’illusion facile de ne pas en être. Ne la leur laissez pas. Affichez ces porcs. Continuez à faire ce que vous voulez de vos corps », s’est insurgée la députée LFI Sarah Legrain, en partageant un autre poste recensant plusieurs exemples depuis le 1er janvier 2026.

Arthur Delaporte, député PS, a lui aussi réagi en apportant notamment son soutien « à Marie Chambel et à toutes les autres » femmes frappées par cette pratique nauséabonde. « Grok transforme des photos pour en faire en deepfake nudifiés & antisémites », a-t-il également dénoncé.

Le Code pénal comme premier recours

Sur X, la doctorante Marie Chambel était l’une des premières à s’émouvoir de cette tendance et à réclamer une réponse politique. En s’inquiétant notamment pour « les petites meufs qui se prennent tout ça pour la première fois ».

« Sincèrement, les politiques de gauche devraient être déjà en train de chercher à légiférer sur l’IA qui déshabille toutes les femmes de Twitter en toute impunité, mais non on nous laisse seules face à un harcèlement sexuel massif pour commencer l’année », a-t-elle écrit. Depuis, une première forme de réponse politique a été apportée, comme l’a fait savoir Arthur Delaporte.

« Le partage de ce type de contenus, déjà illégal, est du cyberharcèlement. Dans notre rapport nous préconisons d’interdire ces fonctions », explique-t-il, en ajoutant que le rapport qu’il co-signe avec l’ex-député Stéphane Vojetta sera « remis à Matignon dans la première dizaine de janvier ».

De son côté, le professeur Nicolas Hervieu, enseignant à Science Po et à l’université d’Évry s’est permis de surligner quelques lignes du Code pénal pour offrir une « première bonne résolution 2026 pour celles & ceux qui déshabillent des personnes avec l’IA (avant de tout publier en ligne) ». Le Code pénal est en effet très clair puisqu’« un montage à caractère sexuel avec les paroles ou l’image d’une personne sans son consentement » est puni de deux ans de prison et 60 000 euros d’amende. Par ailleurs, « un contenu visuel ou sonore à caractère sexuel généré par un traitement algorithmique et reproduisant l’image ou les paroles d’une personne, sans son consentement » est assimilé à l’infraction citée plus tôt.

Porter plainte et changer ses réglages sur X

Le Code pénal précise par ailleurs que les peines sont « portées à trois ans de prison et 75 000 euros d’amende lorsque la publication du montage ou du contenu généré par un traitement algorithmique a été réalisée en utilisant un service de communication au public en ligne ». Ce qui est le cas dans cette affaire de déshabillage sur la plateforme anciennement connue sous le nom de Twitter.

En ligne, plusieurs personnalités d’Internet et de X, à l’instar du youtubeur Sheshounet ou de l’influenceur Arkunir, se sont émues de cette situation inquiétante. Arkunir estime d’ailleurs que « le minimum devrait être une suspension de l’accès à Twitter en France jusqu’à régulation » de la situation.

D’autres incitent surtout les femmes victimes de cette pratique à porter plainte. Quand d’autres invitent − au moins − à modifier ses paramètres pour empêcher Grok de modifier des photos postées par un utilisateur. Pour ce faire, il est conseillé de se rendre dans « Réglages », puis « Confidentialité et sécurité » et enfin « Grok et collaborateurs tiers ». Au sein de ce dernier onglet, il est alors recommandé de décocher toutes les options, si ce n’est pas déjà le cas.

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