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Grégoire Eury ou le racisme persistant du Rassemblement National

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Les élections régionales et sénatoriales ont propulsé leur lot de cadres RN au passé trouble. Parmi eux, Grégoire Eury, conseiller régional du Grand Est et ancien candidat aux sénatoriales, figure bien connue du parti en Meurthe-et-Moselle où il fut tête de liste RN à Nancy lors des municipales de 2020. Sur Twitter, ce cadre du […]

Les élections régionales et sénatoriales ont propulsé leur lot de cadres RN au passé trouble. Parmi eux, Grégoire Eury, conseiller régional du Grand Est et ancien candidat aux sénatoriales, figure bien connue du parti en Meurthe-et-Moselle où il fut tête de liste RN à Nancy lors des municipales de 2020.

Sur Twitter, ce cadre du parti de Marine Le Pen partage régulièrement des contenus racistes, dans une totale impunité et sans la moindre réaction des instances du parti. Complaisance ? Ou simplement le vrai visage d’un RN qui peine à se défaire de ses vieux démons ? Notre article.

Un cadre qui affiche son racisme sans complexe

Grégoire Eury est conseiller régional du Grand Est, membre du groupe RN au conseil, ancien candidat aux élections sénatoriales, il incarne cette figure du cadre censé porter la stratégie de normalisation chère à Marine Le Pen et Jordan Bardella. Pourtant, sur Twitter, le masque tombe. Le compte de cet élu multiplie les partages de contenus ouvertement racistes, dessinant les contours d’une idéologie assumée que le parti prétend avoir abandonnée.

Pour aller plus loin : Au RN, le cas Julio Pichon, l’énième brebis galeuse du troupeau à Saint-Nazaire

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Sur son fil, on trouve notamment une réponse à un tweet de l’émission Envoyé spécial traitant de la question des home-jacking : une carte de l’Afrique en rouge, affirmant que ce continent serait responsable des violences et vols en France. La méthode est rodée chez l’extrême droite : faire de la criminalité une affaire d’origine pour légitimer le rejet des étrangers. En désignant ainsi des boucs émissaires, Eury établit une hiérarchie où les Africains sont systématiquement intériorisés et diabolisés.

Parmi les publications qui jalonnent son fil, on retrouve une carte de l’Afrique accompagnée d’un message sans équivoque : ce continent serait responsable des violences et des vols commis en France. Le procédé est classique dans les milieux d’extrême droite : racialiser la criminalité pour mieux justifier le rejet de l’autre.

Grégoire Eury ou l’islamophobie comme obsession

Mais c’est sur l’islam que se cristallise le plus visiblement l’obsession de Grégoire Eury. Un tweet partagé cite le pape Benoît XVI affirmant que Mahomet n’aurait apporté que « des choses mauvaises et inhumaines ». Le message est limpide : pour cet élu du RN, l’islam constitue une menace civilisationnelle. Cette fixation sur la religion musulmane n’est pas anecdotique. Elle traduit ce que Félicien Faury identifie comme central dans le vote RN : le rejet de l’islam comme point de fixation permettant de retrouver un entre-soi blanc.

À cela s’ajoute la théorie des « Français de papier », cette remise en cause permanente de la légitimité de nos compatriotes naturalisés. En contestant leur appartenance à la communauté nationale, Eury déploie une rhétorique qui fait écho aux processus de racialisation décrits par la recherche : fixer les identités, essentialiser les différences, hiérarchiser les appartenances. Pour cet élu RN, les musulmans, les immigrés, les naturalisés n’ont pas leur place en France et demeurent suspects, indésirables, menaçants.

De l’échec électoral à la promotion interne

Le cas Grégoire Eury n’est pas celui d’un jeune militant qui aurait dérapé. En 2020, il menait la liste RN aux municipales de Nancy, récoltant 3,71 % des suffrages. Un échec cuisant qui n’a pas empêché son ascension dans le parti de Le Pen : délégué départemental du RN en Meurthe-et-Moselle, conseiller régional, candidat aux sénatoriales. Aujourd’hui, alors que le RN n’a toujours pas désigné de tête de liste à Nancy pour les municipales de 2026, Grégoire Eury continue de siéger au conseil régional, partageant ses convictions racistes en toute impunité.

Cette trajectoire illustre le décalage entre le discours public de normalisation et la réalité des cadres que le parti promeut. Car si Marine Le Pen multiplie les interviews dans les médias pour vanter un parti « républicain », ses élus locaux diffusent toujours les théories les plus abjectes du mouvement d’extrême droite : grand remplacement, essentialisation culturelle et hiérarchisation raciale.

Quand le parti d’extrême droite ferme les yeux

Le plus troublant dans cette affaire reste l’absence totale de réaction des instances nationales du RN. Aucune sanction, aucun recadrage public, aucune mise à l’écart. Le parti fait comme si de rien n’était, laissant Grégoire Eury poursuivre sa carrière politique tout en alimentant la haine sur les réseaux sociaux. Cette complaisance n’est pas un dysfonctionnement : elle révèle la nature profonde d’un parti politique qui, malgré ses efforts médiatiques, reste structuré par le racisme.

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