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« Soyons clairs : je n’y crois plus, je ne pense pas qu’il va y avoir de projet qui va être déposé. » Le maire Guy Caron ne mâche pas ses mots en parlant du projet de Corev, qui devait construire plus de 300 unités de logement sur le terrain de la défunte Grande Place, au centre-ville de Rimouski.
Cela fait maintenant quatre ans que l’ancien centre commercial a été démoli – et près de trois ans que Corev a racheté les actifs de Groupe Sélection – et pourtant, le terrain vague en plein cœur du centre-ville sert toujours de… stationnement.

La Ville de Rimouski a entrepris des démarches afin de reprendre le terrain de Corev, qui possède un bail emphytéotique.
Photo : Radio-Canada / Patrick Voyer
Selon l’entente qui a été transférée à Corev lorsqu’elle a repris le projet de Groupe Sélection, la construction des nouveaux logements devait être faite au plus tard le 30 juin 2024, sans quoi l’entreprise pourrait avoir à verser des indemnisations de 2,4 millions de dollars et voir son terrain être repris par la Ville.
Le maire indique que l’administration municipale a fait preuve de patience, mais que cette patience a des limites.
On comprenait la question de la faillite et du transfert du projet via le syndic, on était prêts à donner plus de temps, mais là, ça fait plus de deux ans depuis l'acquisition du projet par Corev, on n’a toujours pas de projet viable qui a été déposé.

Le terrain, en bordure du fleuve, pourrait intéresser d'autres promoteurs, selon le maire Caron, mais une entente lie toujours la Ville de Rimouski et Corev.
Photo : Radio-Canada / Patrick Voyer
L’automne dernier, la Ville a entamé des démarches pour forcer l’entreprise à respecter ses engagements. Une mise en demeure a été envoyée et quelques courts échanges ont eu lieu dans la dernière année. Or, en vertu de cette mise en demeure, Corev est en défaut de se conformer depuis le 30 juin dernier, indique la Ville.
La prochaine étape est donc d’entamer une poursuite, qui n’a pas encore été déposée. Cependant, la Ville a bien l’intention de faire respecter ses droits.
Il va se passer quelque chose, c’est définitif. Est-ce que ça va se passer sous Corev, je n’y crois plus, donc en prenant le terrain on pourra effectivement sélectionner un autre projet.
En plus des démarches judiciaires entamées par la Ville, la firme Pierre Martin & Associés (PMA) Architectes met aussi de la pression sur Corev dans ce dossier. La firme réclame d'être payée pour le travail effectué auprès de Groupe Sélection, dont le projet a été racheté par Corev. Des procédures ont été entamées devant la Cour supérieure du Québec à l'automne 2025, mais le dossier a pour l'instant été reporté en novembre 2026.

L'ancien centre commercial La Grande Place (édifice brun) a été démoli en 2022 pour faire place à un immeuble à logements qui n'a jamais vu le jour. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
La construction de nouveaux bâtiments sur le terrain de l’ancienne Grande Place est dans les cartons depuis plus de 10 ans. Les projets présentés au fil des ans ont tous achoppé et ont aussi été retardés en raison des droits acquis des propriétaires riverains, qui devaient donner unanimement leur aval aux projets présentés. Cette disposition a été modifiée par l'adoption d'une loi privée, en 2019; l’approbation des deux tiers des propriétaires riverains est maintenant requise.
Advenant que Corev ou tout autre promoteur présente un projet différent de celui de Groupe Sélection, le processus d’approbation devra recommencer.
L'entreprise Corev n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue pour ce reportage.


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