Genève est en fête. Pendant des décennies, celle qui est à l’honneur a été l’un des visages les plus reconnaissables de ses enceintes internationales. Celle qui, face aux caméras, assise devant l’emblème des Nations unies qui semblait presque lui faire une auréole, incarne comme nulle autre la force d’une conviction propre, mêlée à la légitimité d’une institution. Celle qui, hors caméra, a toujours affiché une rigueur indestructible et une modestie tout en nuances. Navi Pillay a été récompensée vendredi du Prix Nobel de la paix par un Comité Nobel particulièrement inspiré cette année.
Une vidéo diffusée depuis Oslo le montrait: il a fallu un certain temps pour que Navi Pillay admette qu’il ne s’agissait pas d’un canular. Cette juriste s’en tient aux faits, qu’elle veut incontestables. Même si, entre 2008 et 2014, elle a été à la tête, à Genève, du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, elle reste sans doute un personnage relativement méconnu du grand public. Obstinés, ces combats en défense des droits humains n’avaient pas toujours besoin d’être accompagnés de fanfares. Ils n’en sont pas moins percutants.


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