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Par Thibaut Déléaz
Publié le 01/11/2026 à 12h54, mis à jour le 01/11/2026 à 13h05
De l’uniforme avec cravate des années 1960 aux jambières et gilets pare-balles d’aujourd’hui, la tenue des forces mobiles s’est étoffée… Tout en veillant à ne pas entraver leurs mouvements.
Passer la publicité Passer la publicitéLes images sont impressionnantes. Un gendarme a été blessé à la cheville après avoir été visé par un cocktail Molotov à Paris lors de la manifestation du 31 octobre. Sur une vidéo tournée par l’AFP et des photos de presse, on le voit avec la jambe en feu, s’éloigner des manifestants. Une enquête a été ouverte ce dimanche pour «tentative d’homicide», mais les blessures du militaire restent légères, grâce à sa tenue de protection.
Elles sont loin les émeutes de mai 68, quand les gendarmes qui faisaient face aux manifestants les plus violents portaient… la cravate. Elle a été abandonnée au début des années 1970 car, en plus de limiter les mouvements, elle présentait un risque de strangulation, explique le Musée de la gendarmerie nationale. Les tenues des forces de l’ordre se sont depuis étoffées, devenues plus techniques pour s’adapter à la menace et faciliter leur travail.
Vêtements pare-feu
«L’imagination sans limite (des émeutiers) oblige à revoir sans cesse nos gammes de protection contre les coups, les projectiles y compris incendiaires et les matières abrasives», lit-on dans la Revue de la gendarmerie nationale. Ainsi, la tenue des gendarmes mobiles est aujourd’hui ignifugée. Mais il reste un point de vulnérabilité : le liquide inflammable peut parfois s’introduire par l’espace entre les chaussures et le pantalon, le feu pouvant alors toucher la peau, explique la gendarmerie au Figaro. Côté police, les CRS ont un équipement similaire, lui aussi ignifugé. Ils peuvent également, lorsque la violence monte d’un cran, revêtir des cagoules ignifugées.
Du reste, la tenue de protection utilisée lors du maintien de l’ordre se compose de gants de protection, de jambières, de protections pour les articulations, d’un casque et d’un gilet pare-balles. Les gendarmes et CRS peuvent aussi utiliser au besoin un masque à gaz, notamment pour se protéger des gaz lacrymogènes, et employer des boucliers ou des armes défensives. La tenue doit trouver un juste équilibre pour protéger les militaires tout en n’entravant pas leur mobilité. Il faut aussi que ces tenues ne soient pas trop lourdes, car elles doivent être portées de longues heures, glisse la gendarmerie.
Les forces de l’ordre sont régulièrement visées par des jets de cocktails Molotov lors d’échauffourées en marge de manifestations. En 2017, lors du défilé du 1er mai à Paris, un CRS s’était retrouvé pris dans les flammes et avait été grièvement brûlé, notamment au visage et aux mains. Le 1er mai 2023, un policier avait de nouveau été touché par un cocktail Molotov. Là encore, sa tenue de protection avait permis de limiter ses blessures.


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