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Le Grand Israël avance pendant que les plans de paix finissent méthodiquement dans la corbeille.
Le retournement est difficile à maquiller. Comme Le Média en 4-4-2 l’avait rapporté en octobre 2025, Israël avait accepté le plan en 20 points présenté par Donald Trump. Celui-ci prévoyait l’arrêt des combats, la démilitarisation de Gaza et un retrait progressif des forces israéliennes.
Netanyahou ne veut plus bouger d’un mètre
Le 4 août, Netanyahou a déclaré qu’Israël n’avait pas approuvé le nouveau document transmis par le Conseil de la paix. « Nous n’avons pas donné notre accord. Ce n’était pas notre projet. Nous avons renvoyé nos commentaires », a-t-il affirmé dans une vidéo, selon The Times of Israel.
Sa condition est maintenant absolue : l’armée israélienne ne quittera pas ses positions actuelles avant le désarmement complet du Hamas. Or le texte négocié prévoyait d’abord un retour israélien vers la « ligne jaune » initiale, puis de nouveaux retraits à mesure que les armes seraient remises. Israël contrôle aujourd’hui plus de 60 % de Gaza, contre environ 53 % après le cessez-le-feu d’octobre 2025.
D’après Associated Press, Netanyahou a confirmé le 9 août le rejet du plan en 15 points soutenu par Washington. Le Hamas conteste également la nouvelle exigence israélienne et demande aux médiateurs de contraindre Israël à respecter la feuille de route initiale.
Le Hamas avait pourtant accepté sous conditions
Fin juillet, Donald Trump annonçait un accord « historique » prévoyant le désarmement du Hamas et des autres groupes armés. L’organisation palestinienne avait accepté le principe après plusieurs mois de négociations, avec une condition centrale : un retrait israélien et l’arrêt des opérations militaires.
Netanyahou réclame donc que le Hamas abandonne toutes ses armes avant qu’Israël ne commence à reculer. Autrement dit, Gaza doit remettre son unique moyen de pression tandis que l’armée occupante conserve ses positions. Le fameux plan de paix ressemble désormais à une reddition sans garantie, rédigée avec une porte de sortie réservée à Israël.
La paix, à condition de conserver le territoire
Ce refus ne tombe pas du ciel. En 2025, Netanyahou se disait investi d’une « mission historique et spirituelle » liée à la vision du Grand Israël. Difficile, dans ces conditions, de croire que la paix constitue son objectif final. Chaque retrait devient provisoire, chaque accord exige une nouvelle condition et chaque cessez-le-feu laisse l’armée israélienne un peu plus loin dans Gaza.
Le calendrier électoral israélien aide aussi à comprendre cette fermeté soudaine. Netanyahou doit satisfaire une droite qui ne cache plus ses ambitions d’annexion. Le plan Trump était « historique » lorsqu’il permettait de gagner du temps et de déplacer la responsabilité sur le Hamas. Maintenant qu’il impose un mouvement réel de l’armée israélienne, il devient apparemment inacceptable.
À Gaza, la diplomatie tourne donc selon une règle simple : Israël accepte les plans de paix jusqu’au moment précis où ils exigent la paix. Pour Netanyahou, l’horizon reste moins celui d’un accord durable que celui d’un territoire palestinien morcelé, désarmé et maintenu sous contrôle israélien — une marche supplémentaire vers le Grand Israël.


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