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MAGAZINE. Cindy Roussetty est originaire de Maurice, un État composé de plusieurs archipels de terres situés dans l’océan Indien. Elle habite à Drummondville depuis plus de deux ans, mais ses peintures de son coin de pays lui apportent du réconfort ainsi qu’à d’autres Mauriciens établis au Québec.
La mère de deux enfants travaille présentement au service à la clientèle. Elle peint à l’acrylique surtout par passion, depuis plus de sept ans, et de manière autodidacte.
«Je n’ai pas vraiment suivi de cours. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire depuis ma deuxième ou troisième année du secondaire. Un bon matin, j’avais fait quelques peintures par plaisir. J’en ai ensuite posté quelques-unes sur Facebook et, le lendemain, j’ai eu plusieurs commentaires pour dire à quel point on appréciait [mes créations]. Ça m’a motivée pour me pousser à continuer», raconte Cindy Roussetty.
Les toiles de l’artiste mauricienne illustrent plusieurs types de paysage familier à l’île principale de l’État insulaire : des palmiers, des plages océanes ainsi que des lieux naturels comme le Morne Brabant — une des montagnes de la région.
Même si Mme Roussetty s’inspire avant tout de la nature pour créer ses tableaux, il lui arrive de peindre des voiliers voguant sur les étendues marines afin de représenter le côté pêcheur et navigateur de sa culture.
Plusieurs paysages de l’Île Maurice, comme celui-ci représentant le Morne Brabant, composent la galerie de Cindy Roussetty. (Photo : Ghyslain Bergeron)Depuis qu’elle réside au Québec, d’autres paysages naturels l’ont également inspirée pour créer de nouvelles œuvres, comme le Roché Percé ou les couleurs de la saison automnale.
«Quand je suis venue ici [à l’automne 2023 avec mon époux et mes enfants], je n’ai pas commencé tout de suite à travailler. J’étais seule à la maison et la neige s’installait tranquillement. Moi qui adore les couleurs et qui voyais que tout commençait à être recouvert de blanc dehors, je me suis dit : “il faut absolument que je peigne pour me sentir bien!”», se souvient-elle.
Lorsque la Drummondvilloise d’adoption s’empare de ses pinceaux et d’une toile, presque rien ne peut l’arrêter. «En une journée, je peux facilement terminer un tableau. Je suis du genre où, quand je commence quelque chose, j’ai tellement hâte de savoir comment ça va finir et où ça m’emmène que je me dois de la terminer le jour même», s’excite Cindy Roussetty.
Réconfort et nostalgie
Lorsqu’elle a commencé à peindre en 2019, celle qui crée sous le nom d’artiste de Gracious Art exposait ses œuvres dans des boutiques touristiques de l’île Maurice. «Je vendais deux à trois tableaux par mois. J’adaptais aussi certains tableaux pour en faire de petits formats, justement pour que ça soit plus facile pour les touristes de les ramener chez eux dans leurs valises», précise-t-elle.
Plus le temps passait, plus Cindy Roussetty commençait à recevoir des demandes de tableaux de plusieurs Mauriciens établis ailleurs dans le monde, que ce soit en France, en Suisse, en Belgique et même à l’île de La Réunion.
Cindy Roussety aimerait un jour pouvoir vivre de son art. (Photo : Ghyslain Bergeron)D’ailleurs, l’artiste s’amuse à raconter le fait que ses toiles sont arrivées avant elle au Canada. «Il y a une amie qui est venue passer des vacances à Maurice. Elle voulait trouver des cadeaux bien spécifiques [à son pays] pour ramener à ses amis canadiens. Et là elle m’a dit : “Je pense que le plus simple pour moi, c’est que tu me fasses quelques tableaux”. C’était un an avant que j’arrive au Québec», relate la Mauricienne.
Ses peintures sont non seulement une façon pour elle de se remémorer son pays d’origine, mais également celui de nombreux Mauriciens établis à Drummondville ou ailleurs dans la province.
«Tu as toujours un sentiment d’appartenance quand tu quittes ton pays et que tu t’établis dans un autre. Tu peux voyager autour du monde, mais quand tu es loin de chez toi, tu réalises à quel point ton pays est beau», s’émerveille-t-elle.
«Avant, je pouvais sortir, marcher et manger sur le bord de la mer tous les jours. C’était à environ cinq minutes de chez moi. [Mes œuvres sont] aussi une façon pour moi de rester connectée avec mon île. Ma peinture fait en sorte que je ne suis pas complètement déracinée», souligne Mme Roussetty.
Vivre de la peinture
L’artiste peintre reconnait que son travail a bien évolué en sept ans de pratique. Elle y met plus d’émotions et surtout plus de couleurs dans chacun de ses nouveaux tableaux.
Son rêve serait, un jour, de pouvoir gagner sa vie en vendant ses tableaux. Si les gens de l’île Maurice la connaissaient pour son art, ici, au Québec, elle doit encore se faire un nom.
Cindy Roussetty a déjà exposé ses œuvres à la Halte Saint-Joseph de Drummondville, à la Maison de la culture de L’Avenir et au Forum de Trois-Rivières. La curiosité des gens l’impressionne à chaque fois qu’elle présente ses œuvres dans ce genre de lieux.
«Je vois à quel point les gens sont curieux de savoir où se situe l’île Maurice. C’est aussi une occasion pour moi de partager ma culture avec eux. Ce contact-là, c’est très chaleureux», exprime en terminant l’artiste mauricienne.


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