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L’absence des 500 bovins habituels est un coup dur pour les organisateurs du salon et ceux du concours général des animaux. Ils se réorganisent en urgence pour éviter la désertion des visiteurs.
«Tu crois que c’est la même vache qui fabrique le lait et la crème? C’est à quelle heure la traite? »... Elles sont les animaux fétiches du Salon de l’agriculture, présentes dès l’entrée chaque année. Mais en 2026, les vaches manqueront à l’appel. Même Biguine, l’égérie du Salon, issue d’une espèce martiniquaise, et qui a débarqué en métropole il y a plusieurs semaines. Ainsi en ont décidé les organismes français de sélection des races bovines, en raison de la crainte liée à la dermatose nodulaire contagieux bovine (DNC) qui touche les élevages français depuis juin 2024.
Ces derniers avaient déjà annoncé début janvier renoncer aux épreuves du concours général agricole ; désormais, la présence de tout bovin est exclue au Salon. Une première fois en 62 éditions (en 2021, le Salon ne s’était pas tenu). «Il paraît qu’on ne doit pas montrer ses états d’âme mais c’est là un sacré coup dur», soufflait mercredi Arnaud Lemoine, le directeur du Ceneca, en charge de l’organisation du salon. Si les volailles sont déjà absentes depuis plusieurs années pour cause d’épizooties de grippe aviaire, les 500 à 600 bovins restent en tête des attractions pour les quelque 600.000 visiteurs.
«Salon amputé»
Nombreux sont les éleveurs à évoquer un salon «amputé» ou «vidé de son âme». Pour les organisateurs, il y a urgence à s’organiser pour éviter la désertion du public. D’autant que les récents mouvements agricoles, qui ne demandent qu’à rejoindre les allées de la Porte de Versailles, pourraient aussi refroidir les familles. «Il faut à tout prix maintenir ce Salon, estime mercredi Sébastien Windsor, le président des Chambres d’agriculture de France. Plus que jamais dans ces moments compliqués pour l’agriculture, venir c’est soutenir!»
Les plus pessimistes s’attendent à une baisse d’affluence possible de 15 à 20%. «L’enjeu est que le hall 1, que les gens visitent souvent en premier, garde toute son attractivité, explique Arnaud Lemoine du Ceneca. Les autres filières pourraient nous aider en amenant plus d’animaux. Nous réfléchissons aussi à mettre en place un maximum d’animations pour continuer à assurer notre mission: celle de faire connaître l’agriculture à des enfants ou des jeunes qui parfois n’ont jamais vu d’animaux de ferme ailleurs qu’à la télé.»
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Parmi les pistes sur la table: l’organisation le mercredi d’une grande journée dédiée aux grands-parents et aux enfants, traditionnellement nombreux en milieu de semaine. «2026 est aussi l’année de la transhumance, donc nous pourrions imaginer des choses autour de ce thème avec les ovins», ajoute l’organisateur. Alors que le prix actuel d’entrée, de 17 euros à taux plein, ne bougera pas, le public doit continuer à en avoir pour son argent. «Pour une journée dans la plus grande ferme de France, cela reste abordable, d’autant que le prix n’a que peu évolué en 10 ans (13 euros en 2016 NDLR), insiste le responsable. Rappelons que sur les 4000 animaux prévus, il en restera 3500!».
Quelques heures après l’annonce, le nouveau visage du Salon version 2026 reste encore à inventer. Mais les idées sont là. « Nous envisageons de faire venir la Garde Républicaine pour des exhibitions, ou pourquoi pas le Cadre Noir de Saumur», lance le commissaire du Concours général agricole Olivier Alleman, en référence à ce corps d’élite du dressage équin français.
Budget déstabilisé
Maintenir l’affluence se révèle indispensable si le Salon veut rester la vitrine qu’il est pour le millier d’exposants. Pour certains, la présence parisienne leur assure jusqu’à 30% de leurs ventes annuelles. Une édition en demi-teinte risquerait de les dissuader de faire le déplacement.
Alors que deux races parmi celles de moutons et de porcs ont annoncé par solidarité qu’elles ne monteraient pas à Paris pour le Salon, le contexte bouillant dans les élevages français fait planer le risque d’un effet domino. «Il faut éviter que par solidarité ou par syndicalisme, la décision des organismes de sélection bovins de ne pas participer au salon ne touche d’autres filières», glisse le commissaire du CGA.
Par ailleurs, le fait que les bovins ne participent pas au concours a des effets en chaîne. Cela amputera le budget de 3,2 millions d’euros annuel. «Mécaniquement les coûts de transport des animaux vont aussi augmenter pour les autres races, car ils étaient mutualisés avec ceux des bovins», craint Olivier Alleman.
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Système D
Le responsable assure que les sept autres espèces concourront toutes bien fin février, des équins aux caprins, en passant par les asins (ânes), les ovins, les porcins, les canins et les félins. Le concours des produits agricoles et vins sera aussi maintenu.
Certaines filières imaginent déjà des plans B. Ainsi de l’association Charolais Label Rouge qui prévoyait d’envoyer six éleveurs porte de Versailles. Elle a d’ores et déjà organisé des séances photos directement dans les fermes, avec les bêtes sélectionnées, dûment préparées et mises en beauté. Le but : les présenter sur place aux acheteurs ayant déjà manifesté leur intérêt. Une foire au goût décidément très particulier.


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