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Des élus et des représentants de syndicats et d'organismes communautaires sont à Québec pour réclamer des mesures d'urgence en immigration après l'abolition du Programme de l'expérience québécoise (PEQ).
Ils somment le gouvernement d'accorder au plus vite une clause de droits acquis aux personnes déjà établies sur le territoire de la province pour qu'elles puissent continuer de vivre et de travailler dans leur communauté. Leur départ nuira entre autres à la vitalité des régions, plaident-ils.
Ces organismes ont été réunis par l'Union des municipalités du Québec (UMQ) qui a organisé une conférence de presse à ce sujet vendredi matin au Manège militaire, dans la capitale nationale.
Plus d'une centaine de personnes se sont déplacées pour l'occasion, dont le maire de Rimouski, Guy Caron, la directrice générale d'Accueil et Intégration Bas-Saint-Laurent, Sarah Toulouse, et le maire de Gaspé, Daniel Côté.
Les participants arboraient un cœur bleu, en symbole du mouvement de solidarité qu'ils souhaitent lancer.

Il y a vraiment un consensus autour de l'importance de ramener une clause grand-père ou complètement le PEQ, avance la directrice générale d'Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent, Sarah Toulouse. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque
On tenait à être là ce matin parce que, sur le terrain, c'est nous qui accompagnons les personnes issues de l'immigration qui vivent dans l'incertitude depuis des mois [...] qui ne comprennent pas pourquoi, soudainement, les règles du jeu ont changé, soutient Sarah Toulouse.
Pendant la conférence de presse, le président de l'UMQ a tenu à lancer un message aux personnes affectées par l'abolition du PEQ. Vous n'êtes pas seuls, a-t-il déclaré.
Des organisations de tous les horizons qui ne se retrouvent presque jamais côte à côte se sont unies pour vous parce que la situation est critique.
Ce regroupement enjoint le gouvernement de faire volte-face sur sa décision d'abolir le PEQ. Il estime que son abolition bouleverse la vie de milliers de personnes déjà établies dans la province et que cette situation se fait déjà sentir dans les régions.
Cette instabilité a aussi des impacts, selon les divers intervenants réunis, sur plusieurs secteurs d'activité, dont ceux du tourisme, de l'agriculture et de la santé.

Guy Caron, maire de Rimouski (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross
Le programme de l'expérience québécoise (PEQ), aboli en novembre, permettait à des étudiants et à des travailleurs d'accéder plus rapidement à la résidence permanente.
Les gens vivent une forme d'incertitude, une forme d'instabilité présentement qui est très déconcertante, estime le maire de Rimouski, Guy Caron.
Respectons notre parole et assurons-nous que les gens que nous avons sélectionnés puissent voir notre parole être respectée.
On ne change pas les règles du jeu en plein milieu de la partie. Ça, c'est mentir aux gens. Ça, c'est manquer à sa parole. Ça, c'est manquer à ses engagements. C'est manquer de classe, a quant à elle lancé la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
Une clause de droits acquis, aussi appelée « clause grand-père » est réclamée par des élus et d'autres intervenants à travers la province depuis un certain moment pour permettre aux personnes qui ont été attirées au Québec par des campagnes promotionnelles ventant le programme et qui sont déjà installées ici de poursuivre les procédures entamées.
Mais l'UMQ et ses alliés pressent maintenant Québec d'accorder une telle exception, alors que de nombreuses personnes doivent prendre une décision quant au renouvellement de leur bail.
Nous demandons immédiatement une clause de droits acquis pour les orphelins du PEQ. Pas dans deux mois, pas après une course à la chefferie, maintenant.
En conférence de presse, le président de l'UMQ a rappelé que les deux candidats à la chefferie de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette et Bernard Drainville, ont pris position sur la question cette semaine.
Christine Fréchette propose de réactiver le PEQ, alors que Bernard Drainville a affirmé vouloir accorder une clause de droits acquis aux personnes déjà présentes. Le nouveau chef de la CAQ deviendra premier ministre du Québec jusqu'au déclenchement des élections à l'automne.
Le premier ministre François Legault et le ministre de l'Immigration Jean-François Roberge ont pour leur part indiqué qu'ils ne réactiveront pas ce programme d'ici la nomination d'un nouveau chef, le 12 avril.
Il y a vraiment un consensus autour de l'importance de ramener une clause grand-père ou complètement le PEQ, avance la directrice générale d'Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent.
Le fait que ce soit reconnu par les deux candidats, je pense que c'est rassurant, puis, en même temps, la mi-avril, c'est tard. Donc, il y a un besoin d'agir plus rapidement.
Les candidats à la chefferie, ils l'admettent. Ils reconnaissent que ça n'a pas de bon sens, mais on annonce qu'il faudra encore attendre deux mois avant d'agir. [...] Deux mois dans une situation qui est devenue profondément inhumaine, a renchéri le président de l'UMQ, Guillaume Tremblay.
Des impacts pressentis en région
Le président de la Chambre de commerce de Québec, Frédérik Boisvert, a exposé, en conférence de presse, la situation démographique vécue au Japon.
Il a souligné la fermeture de villages sur l'île nippone en raison du déclin et du vieillissement de la population.
Le maire de Rimouski croit lui aussi que ces changements apportés aux règles d'immigration affecteront la courbe démographique au Québec et aura des répercussions en région, sur les entreprises, mais aussi dans les communautés.
Il va y avoir des impacts, c'est clair. Le Bas-Saint-Laurent est une population vieillissante, au point de vue démographique. Le taux de natalité n'est pas très élevé.
On ne parle pas de réfugiés. On ne parle pas d'immigration irrégulière. On parle de programmes spécifiques qui venaient adresser des questions spécifiques, comme la pénurie de main-d'œuvre ou d'attraction pour les communautés [qui ont besoin de résidents], poursuit Guy Caron.
La directrice générale d'Accueil et immigration Bas-Saint-Laurent, Sarah Toulouse, explique quant à elle que les organismes ne savent plus où diriger les personnes immigrantes qui souhaitent rester au Québec.
Elle ajoute que beaucoup de détresse et d'incompréhension se font ressentir chez les personnes qui espéraient obtenir leur résidence permanente et s'installer pour de bon au Québec grâce au PEQ.
Une manifestation s'est d'ailleurs tenue à Rimouski la fin de semaine dernière pour dénoncer son abolition.


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