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Le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin s'est entouré mercredi matin d'entreprises et d'institutions d'enseignement pour faire front commun contre l'abolition du Programme de l'expérience québécoise (PEQ), qui offrait une voie rapide à la résidence permanente pour certains immigrants.
L’Université du Québec à Trois-Rivières, le Cégep de Trois-Rivières et Innovation et développement économique (IDÉ) Trois-Rivières joignent leur voix à celle de la Ville.
Tous réclament que le gouvernement provincial instaure une clause de droits acquis ou de mesures transitoires pour les immigrants qui sont touchés par l'abolition du programme par Québec.
Cette prise de position fait suite à l’adoption, à l’unanimité, par le conseil municipal de Trois-Rivières, d’une résolution demandant au gouvernement du Québec de protéger les personnes déjà établies sur le territoire et engagées dans un parcours d’immigration permanente fondé sur les règles du PEQ alors en vigueur.
Les personnes touchées par l’abolition du PEQ sont déjà intégrées à notre communauté. Elles travaillent ici, étudient ici, contribuent ici. Rompre leur parcours d’immigration fragilise leur avenir et prive notre territoire de talents essentiels à sa vitalité économique et sociale , souligne le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin.
Selon IDÉ, sur le plan économique, les employeurs trifluviens risquent de perdre une main-d’œuvre qualifiée et expérimentée dans des secteurs en pénurie.
Les conséquences sont mesurables : perte de savoir-faire, ralentissement de projets, refus de contrats et investissements reportés. Dans un contexte économique déjà fragile, cette décision accentue l’incertitude, affirme le directeur général d’IDÉ Trois-Rivières, Grégory Gihoul.
Dans les milieux de l’éducation, les effets de cette décision se feraient déjà sentir.
Limiter l’accès aux talents, c’est affaiblir notre capacité d’innover et de demeurer compétitifs. Abolir le PEQ sans clause grand-père, c’est tourner le dos à un succès et fragiliser la confiance envers les politiques publiques. Cela nuit directement à notre capacité d’attirer et de retenir les talents spécialisés dans notre université et notre région, détaille le recteur de l’UQTR Christian Blanchette.
Le Québec a fait la promotion du PEQ à l’étranger, ce qui a influencé la décision de plusieurs étudiantes et étudiants de choisir le Cégep de Trois-Rivières pour leurs études. Plusieurs ont complété leur formation avec l’objectif légitime de s’établir ici et de contribuer à la société québécoise. L’abolition soudaine du PEQ vient rompre un engagement implicite et place nos diplômés et diplômées dans une situation d’incertitude profonde, explique pour sa part Éric Millette, directeur général du Cégep de Trois-Rivières.
Les milieux ruraux particulièrement vulnérables
Parallèlement, la MRC de Bécancour exprime, elle aussi, son indignation face aux changements des programmes d’immigration provinciaux et fédéraux.
En milieu rural, chaque départ compte. Nous demandons aux gouvernements du Canada et du Québec de reconnaître cette réalité et d’assurer un traitement juste et cohérent pour les personnes déjà engagées dans leur parcours d’intégration, mentionne Mario Lyonnais, préfet de la MRC de Bécancour et maire de Sainte-Françoise.
La MRC estime qu’en région, quelques départs seulement peuvent fragiliser des entreprises, des écoles ou des organismes. L’immigration devient ainsi un levier stratégique de revitalisation économique et sociale, indispensable pour assurer l’avenir des communautés rurales.
Une clause de droits acquis pour les personnes immigrantes est le minimum pour préserver l’équité et la vitalité de nos milieux, souligne Pascal Blondin, préfet suppléant et maire de Bécancour.
Le cabinet du ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Jean-François Roberge, n'a pas souhaité réagir.


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