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Attaquée de toutes parts pour la place qu’elle donne à Donald Trump dans sa campagne, Christine Fréchette se défend d’alimenter l’anxiété de la population et a même reproché aux autres partis de ne pas en parler assez samedi.
« Les gens c’est ce dont ils me parlent », s’est défendue Mme Fréchette samedi. « Il ne faut pas détourner le regard sur autre chose. »
La CAQ faisait samedi une annonce sur l’ajout de places en garderies dans la circonscription de Blainville, dans les Laurentides, où se dessine une lutte locale avec le PQ.
La veille, lors d’un rassemblement à Québec, le chef du Parti Québécois (PQ) Paul St-Pierre Plamondon avait dit que le plan de Christine Fréchette consistait à « augmenter l’anxiété de la population en brandissant l’épouvantail de [Donald] Trump à chaque jour ».
Or la cheffe de la Coalition Avenir Québec persiste et en remet. « J’entends très peu les autres chefs de partis politiques parler des tarifs de Trump. C’est quand même étonnant. […] C’est comme si c’était un fait divers. »
Piqué au vif, le chef libéral Charles Milliard s’est commis d’une sortie plus agressive que d’ordinaire. « Je trouve ça renversant et scandaleux la façon dont elle s’approprie ce qui se passe en ce moment avec le gouvernement du Canada ».
Accusant Mme Fréchette d’être « prête à dire n’importe quoi », M. Milliard en a profité pour écorcher son annonce sur les garderies. « Ce n’est pas 25 000 places qu’on annonce ce matin, c’est maximum 5000 places », a-t-il lancé. La CAQ s’était engagée à convertir 25 000 places non subventionnées en places à 9,65 $ par jour. Or le PLQ affirme que 20 000 de ces places sont déjà en cours de conversion.
Les autres partis n’ont guère mieux reçu les reproches de Mme Fréchette à l’effet qu’ils ne parlaient pas suffisamment de Donald Trump. Pour Ruba Ghazal de Québec Solidaire « On n’a pas besoin » de dire aux Québécois « d’être inquiets » parce qu’ils le sont « déjà ». « Ce qu’on a besoin de faire […] c’est de les rassurer en leur ramenant des propositions. »
« Mme Fréchette essaie de parler de Donald Trump pour ne pas parler de son bilan », a tonné de son côté Éric Duhaime. « Les électeurs voient clair au travers de la tactique »
Le PQ promet un gel de salaire des députés, ministres et PDG de société d’État.
La CAQ a aussi été écorchée indirectement par les annonces du PQ et du Parti conservateur du Québec qui, ont toutes les deux fait des propositions inspirées des ratés de SAAQclic samedi.
L’équipe Duhaime présentait samedi matin sa plateforme numérique. Disant s’inspirer du rapport Gallant, son équipe suggère que l’État recrute davantage d’« experts stratégiques » à l’interne pour « réduire la dépendance de l’État envers les consultants ».
Quant à PSPP il s’est engagé à mettre fin au « tablettage » des personnes « responsables » des scandales au sein des instances gouvernementales comme SAAQclic.
Dans ce dossier, « la CAQ de Christine Fréchette n’a pas pris ses responsabilités et s’est contentée de tabletter et déplacer les gens responsables du scandale », a-t-il plaidé en promettant la fin de « l’impunité et la déresponsabilisation. »
Le chef du PQ est aussi revenu sur la hausse de salaire de 30 % des députés qui avait suscité un tollé en 2023. Disant vouloir « donner l’exemple », il s’est engagé à geler les salaires des députés, des ministres et des présidents-directeurs généraux (p.-d.g.) des sociétés d’État comme Hydro-Québec et la Société des alcools du Québec (SAQ).
M. PSPP s’est quant à lui fait reprocher par tous les autres partis de « cacher » son option référendaire parce qu’il a peu parlé d’indépendance lors du grand rassemblement de son parti vendredi soir à Québec.
Pendant ce temps, Québec Solidaire soumettait son plan de match pour améliorer l’accès aux services de santé. De passage à Saguenay, la formation de gauche s’est engagée à plus que doubler le nombre de CLSC au Québec qui passerait de 147 à 347 dans un premier mandat.
On veut « couvrir tout le territoire du Québec » pour que « n’importe quel Québécois, peu importe où il habite […] puisse y avoir accès », a plaidé Ruba Ghazal. Il en coûterait 1,8 milliard $ pour financer cette mesure.
Affrontement Fréchette-Duhaime sur le féminisme
La journée a aussi été marquée par un affrontement entre Christine Fréchette et Éric Duhaime sur l’égalité homme femme. Lors de son annonce sur les garderies, Mme Fréchette a renouvelé ses attaques sur le plan conservateur en matière de garde d’enfants qui inclut une allocation de 100 $ par semaine aux parents gardant leurs enfants à domicile.
« Avec Éric Duhaime, les listes d’attente vont s’allonger. Il y a plus de femmes qui vont devoir rester à la maison. Puis il y a moins de familles qui vont avoir une place à prix réduit. Ce n’est pas ça donner le choix aux femmes. »
Elle reproche aussi à l’allocation de 100 $ de ne pas être offerte aux mères monoparentales et aux parents qui travaillent à temps partiel.
Reprochant à Christine Fréchette d’être « méprisante », Éric Duhaime a répliqué que « son féminisme était très dépassé ». « Elle parle comme si on était en 1980 ou en 1970. Aujourd’hui, on a la chance de vivre dans une des sociétés les plus égalitaires au monde. » « Il faut respecter la liberté de choix des individus », a-t-il ajouté en rappelant que plus de 30 000 enfants étaient toujours sur la liste d’attente pour une place abordable.


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