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Malgré 19 milliards d’euros injectés entre 2014 et 2024, les collaborations entre laboratoires publics et entreprises restent peu développées en France et leur impact sur la recherche et le développement (R&D) limité, selon un rapport de la Cour des comptes.
La juridiction financière dresse un constat sans concession sur la politique de soutien à la recherche partenariale. Alors que la France peine à atteindre l’objectif de 3 % du PIB consacré à la R&D, les dispositifs publics peinent à produire les effets escomptés sur l’innovation et la compétitivité.
Des investissements massifs aux effets limités
Entre 2014 et 2024, l’État a mobilisé près de 19 milliards d'euros en faveur de la recherche partenariale, avec un pic à 3 milliards en 2024 sous l’impulsion de France 2030. Pourtant, seulement 15 % à 20 % des entreprises innovantes externalisent une partie de leur R&D vers le secteur public. « Les résultats de la politique de soutien à la recherche partenariale sont mitigés, sinon décevants au regard des moyens mobilisés », souligne la Cour dans son rapport.
Cette faiblesse s’explique par de fortes disparités : 54 % des grandes entreprises collaborent avec la recherche publique, contre seulement 11 % des PME. Si une corrélation positive apparaît localement avec les dépenses de R&D et l’emploi dans certaines catégories d’entreprises, l’effet-levier global sur la dépense intérieure de recherche et développement (DIRDE) reste imperceptible.
Une stratégie à refonder
La Cour critique un empilement de dispositifs : LabCom, Carnot, CIFRE, chaires industrielles, appels à projets, souvent mal articulés et insuffisamment évalués. Elle recommande d’élaborer un plan national clair, centré sur un nombre limité de priorités stratégiques, de privilégier les cofinancements privés et de mieux articuler aides nationales et européennes.
Les pôles universitaires d’innovation (PUI), créés en 2024, doivent être pérennisés et rationalisés pour améliorer le service rendu aux chercheurs et entreprises dans un contexte d’austérité pour le budget de l’Etat français. Les délais de signature des contrats, qui varient de 3,5 à 9,5 mois selon les sites, illustrent les lourdeurs persistantes.
Valoriser les chercheurs impliqués
Enfin, la Cour insiste sur l’adaptation des règles de carrière : les activités de valorisation, d’expertise et de conseil avec les entreprises doivent être mieux reconnues dans les évaluations, sans remettre en cause la recherche fondamentale. Des mécanismes d’intéressement et une simplification des prestations de conseil sont également préconisés.
Ce rapport relance le débat sur l’efficacité de l’écosystème français de l’innovation face à la concurrence internationale alors que la Cour des comptes avait déjà alerté sur le retard pris par la France dans la quantique.
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