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Le sondage public que le gouvernement du Nouveau-Brunswick vient de faire dans le cadre de son examen du moratoire sur la fracturation hydraulique est en partie tendancieux, selon des opposants et une experte.
Le sondage a eu lieu en ligne du 5 au 23 octobre. Les gens pouvaient répondre à 16 questions portant sur leur connaissance du moratoire et leur opinion quant à l’exploitation du gaz naturel dans la province, entre autres.
C’était préoccupant dès le départ, selon Bev Gingras, directrice du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick.
Employer les mots "gaz naturel" est problématique, juge Bev Gingras en raison de la connotation positive du mot naturel et parce que ce mot n’est pas toujours associé à la fracturation hydraulique.

Bev Gingras, directrice du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, critique le sondage du gouvernement au sujet du moratoire sur la fracturation hydraulique.
Photo : Radio-Canada
Ils ne demandent pas réellement aux gens ce qu'ils pensent du gaz de la fracturation, ils demandent aux gens ce qu’ils pensent de l’exploitation du gaz naturel. Alors, la formulation est très précise et trompeuse, je crois, d'une certaine manière, affirme Bev Gingras.
Certaines questions du sondage étaient orientées, selon Mme Gingras. Elle montre du doigt la section demandant aux gens d’évaluer l'importance des revenus tirés des ressources naturelles pour financer les services publics, dont les soins de santé, l’éducation et les infrastructures.
Le gouvernement devrait faire un autre sondage, selon une experte
La section du site Internet du gouvernement provincial consacrée à l’examen et au processus de consultation publique sur le gaz naturel mentionne dès le départ que la population affronte des défis sans précédent, dont l’inflation, l’incertitude économique et l’évolution rapide du contexte géopolitique.
Pratiquement dès la première phrase, c’est, vous savez, nous sommes menacés, affirme en entrevue Louise Comeau, conseillère principale au centre Re.Climate de l'Université Carleton. Ce centre sensibilise le public à des projets d’énergie renouvelable.
Lorsque des menaces à la sécurité sont activées, les valeurs sociales telles que la protection de l'environnement peuvent tomber, ajoute-t-elle dans un courriel.

Louise Comeau est conseillère principale au centre Re.Climate de l'Université Carleton à Ottawa.
Photo : Gracieuseté
Mme Comeau juge que la section du site qui renvoie au sondage est très tendancieuse en faveur du gaz naturel.
Elle souligne aussi que les gens pouvaient répondre au sondage autant de fois qu’ils le souhaitaient. J’aurais pu le faire 50 fois, s’exclame-t-elle.
Je crois que le gouvernement doit aux Néo-Brunswickois un véritable sondage qui nous donnerait une véritable compréhension de l’opinion publique, estime Louise Comeau.
Elle ajoute qu’il faudrait que ce véritable sondage demande aux gens leur opinion au sujet de plusieurs possibilités en matière de source d’énergie plutôt qu’une seule.
Un élément de consultation parmi d’autres
Le sondage n’est qu’une partie du processus, assure le ministère des Ressources naturelles.
Le sondage s'inscrit dans le cadre d'un processus d'examen plus large qui comprend également une collaboration avec les Premières Nations, les parties prenantes et les communautés qui pourraient être affectées, explique le ministère dans une déclaration écrite.
Les commentaires recueillis nous aideront à mieux comprendre les points de vue du public sur cette question, notamment le niveau de soutien, les préoccupations principales, les priorités et les questions qui pourraient nécessiter un examen plus approfondi.
Le gouvernement compte publier son rapport dans les prochains mois.

Une importante mobilisation populaire en 2013 a freiné la prospection gazière au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau
Le public ne sait pas réellement ce qui se passe durant cet examen, par exemple, qui est consulté et quels renseignements sont obtenus, ajoute Bev Gingras.
Pour que ce processus soit transparent et inspire confiance, nous devons entendre cela, dit-elle.
Demande d'un autre examen
Le Conseil de conservation recommande qu’un tiers examine le moratoire de façon indépendante et démontre que l’obtention des renseignements est rigoureuse et que les conclusions sont justes et précises.
L’examen que mène le gouvernement comprend l’évaluation des cinq conditions suivantes :
- les droits, intérêts et priorités des Premières Nations;
- l’ampleur et la nature des ressources en gaz naturel;
- les plus récentes données scientifiques concernant les répercussions potentielles sur l’eau, la santé et l’environnement;
- les avantages économiques;
- le soutien du public.
Aucune de ces conditions n’est remplie, à ce que je sache, estime Bev Gingras.
Elle souhaite que le gouvernement accorde plus de temps à un tiers pour évaluer les renseignements recueillis et les comparer aux cinq conditions.

Le ministre des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, John Herron.
Photo : Radio-Canada
Le ministre des Ressources naturelles, John Herron, reconnaît que le processus compte en effet lorsqu’il est question du moratoire sur la fracturation hydraulique.
Si nous envisagions de faire quelque chose autrement quant au moratoire, nous devrions pouvoir démontrer de manière authentique aux Néo-Brunswickois que nous nous soucions des mêmes préoccupations qu'eux, a déclaré John Herron, lundi.
Avec des renseignements d’Erika Butler de CBC


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