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Les écoles francophones de l’Alberta accueillent chaque année de plus en plus d’élèves. Ils sont près de 10 500 inscrits en cette année scolaire 2026-2027, soit une hausse de 3,6 % sur un an.
La barre historique des 10 000 élèves avait été franchie l’année dernière, poussée par l’immigration internationale et la migration interprovinciale, ainsi que par la croissance démographique albertaine.
De voir qu'on est à plus de 10 000 élèves partout en Alberta, c'est fantastique, se réjouit Dolorèse Nolette, directrice du Conseil scolaire Centre-Est. Mais, en même temps, on sait que le potentiel d'élèves qu'on pourrait avoir dans notre système est beaucoup plus grand que ça, ajoute-t-elle.
Cette hausse annuelle constante n’effraie pas non plus Robert Lessard, directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN). Un taux de croissance de 2,6 % [pour le CSCN], c'est un taux raisonnable, qu'on est capable d'absorber, dit-il.
Il estime par ailleurs avoir eu de très bonnes nouvelles concernant l'ajout d'établissements scolaires, et cela s'inscrit dans une lancée amorcée depuis quelques années.
Nous avons des écoles qui débordent, alors nous ajoutons des espaces dans des secteurs [géographiques] clés, critiques, qui vont nous aider à désengorger certains de nos établissements.
C’est également ce qu’affirme Gregory van Duyse, président du Conseil scolaire FrancoSud, qui enregistre la plus forte croissance d’effectifs cette année : 250 élèves en plus, soit une augmentation de 6 %.
Avec le programme du gouvernement [albertain] Schools Now, nous avons reçu plusieurs annonces de nouvelles écoles, dont beaucoup sont déjà en construction, souligne-t-il. Je pense donc que cette tendance va se maintenir, avec une augmentation assez rapide du nombre d'élèves année après année en Alberta.
Il prend comme exemple une nouvelle école dans son réseau à Chestermere, dans la périphérie est de Calgary, qui a ouvert ses portes cette année avec une capacité d’une centaine d’élèves. Elle est déjà remplie à moitié.
Le tableau diffère pour le Conseil scolaire Nord-Ouest, plus rural, où une baisse d’effectifs de presque 9 % est observée.
Il n’y a pas de cause unique, explique Rachelle Bergeron, secrétaire générale de l’organisme. Nos trois communautés scolaires [locales] vivent des réalités très différentes, et avec nos effectifs [de taille réduite par rapport aux centres urbains], toute variation se traduit rapidement par des écarts importants en pourcentage.
Nous observons tout de même une baisse au primaire, qui reflète la tendance démographique de la région, reconnaît-elle.
Le défi de l’accès
Rappelons-nous que nous avons un bassin d'ayants droit que nous n’accueillons pas présentement dans nos écoles, nuance Robert Lessard.
L'accessibilité à nos établissements scolaires demeure l'un des facteurs qui freine ces hausses d'inscriptions potentielles dans notre système, ajoute-t-il.

L'accès aux écoles francophones reste un défi pour les conseils scolaires albertains. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Didier Coffi Gbétie
C’est aussi l’avis de Gregory van Duyse : Côté transport, trop d’élèves passent encore plus de trois heures par jour dans l’autobus, et c’est vrai même à Calgary.
Il faut se mettre dans la peau des parents, poursuit-il.
Est-ce que je suis prêt à faire le sacrifice de mettre mon enfant dans l'autobus pendant deux heures et demie ou trois heures pour qu'il ait accès à sa culture, à sa langue, et qu'il puisse avoir une éducation francophone?
Il continue : Ou est-ce que je vais plutôt choisir d'envoyer mon enfant à l'école du quartier, où le transport prendra peut-être cinq ou dix minutes?
En attendant l'ouverture des écoles d'ici trois à quatre ans, on a vraiment besoin d’une solution temporaire pour réduire les temps de transport, en particulier pour les plus jeunes, conclut Gregory van Duyse.


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