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Envoyer un message privé via la plateforme Slack à un collègue était devenu une habitude pour beaucoup de salariés. Qu'il s'agisse d'échanger des idées informelles, d'élaborer une stratégie commerciale ou simplement de débriefer après une réunion, ce canal offrait un espace d'intimité au sein de l'entreprise. Mais l'intelligence artificielle (IA) est désormais partout, même dans nos messageries.
De plus en plus d'entreprises encouragent leurs équipes à privilégier les canaux publics afin de permettre aux chatbots d'avoir un accès direct à l'ensemble des informations échangées. Si les humains détiennent les informations, l'IA, elle, les assimile bien plus rapidement. C'est pourquoi les patrons souhaitent utiliser les agents virtuels pour optimiser le traitement des données, créer des présentations ou même coder. Le Wall Street Journal s'est intéressé à leur place au sein des entreprises.
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Wade Foster est PDG et cofondateur de Zapier, une firme qui automatise les flux de travail pour ses clients. Il raconte avoir demandé à Cursor, un logiciel éditeur de code basé sur l'IA, de créer un PowerPoint à partir des messages Slack échangés pendant deux mois avec un client. Résultat: l'assistant virtuel s'en est chargé en un temps record.
«Pour que ces agents fonctionnent de manière optimale, il faut avant tout s'assurer qu'ils disposent d'autant de contexte que possible», explique le PDG. Selon lui, l'utilisation des canaux publics est encouragée depuis des années au sein des sociétés, en particulier pour faciliter l'intégration de nouvelles recrues. L'IA donnerait désormais à cette mémoire collective «une valeur bien plus grande.»
Même son de cloche du côté des jeunes entreprises de la tech. Max Keenan, le fondateur d'Aurelian, une start-up qui automatise les appels non urgents, déclare avoir carrément «déclaré la guerre» aux messages privés. Le coût de «l'isolement de l'information» est trop élevé, précise-t-il.
Vendre les données pour entraîner l'IA
Chez ElevenLabs, une agence qui développe une plateforme de synthèse vocale assistée par IA, les 800 salariés sont noyés sous les flux de communication et ne lisent plus les canaux Slack. À la place, un chatbot extrait les actualités importantes et produit un podcast récapitulatif à écouter pendant leurs trajets entre le travail et le domicile. Histoire de gagner encore davantage de temps.
Même si les messages envoyés au travail ne sont pas confidentiels, autoriser l'IA à lire et interpréter nos conversations peut déranger. Cette quête d'efficacité pose également un problème de contrôle des données personnelles. Mathijs De Vaan, professeur en gestion des organisations à l'université de Californie, à Berkeley, estime que les employés doivent savoir que, lorsque les agents virtuels lisent leurs messages, ils les utilisent également pour entraîner leurs modèles.
La semaine dernière, un juge a suspendu la vente des archives numériques de la société Spirit Airlines à Google. Le géant du web voulait utiliser ces données pour améliorer ses modèles d'IA. Le syndicat des anciens employés s'y est opposé, tandis que Google a assuré que les données personnelles identifiables ne seraient pas utilisées. Une question nous pend aux lèvres: pour combien de temps?





























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