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En Ontario, 17 projets artistiques ont chacun reçu du financement allant jusqu’à 10 000 dollars, dans le cadre de l’initiative 50 ans de fierté ! Ensemble pour demain. Ce programme lancé par Edith Dumont, lieutenante-gouverneure de l’Ontario, avait pour objectif de célébrer la francophonie ontarienne. Des auteurs des projets retenus s’estiment choyés de pouvoir utiliser leur art pour se faire entendre.
Parmi les 17 projets retenus figure un recueil de poèmes et de chansons, proposé par la première cohorte des étudiants de l’Université de Sudbury.
Intitulé Ancrage et exil : Écrire le courage, l’amour et l’identité , ce recueil sera constitué de textes et de chansons d’au moins une dizaine d’étudiants de l’université.

Isabelle Bourgeault-Tassé prévoit qu’au moins 16 étudiants participeront au recueil de textes et poèmes.
Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo
À l’annonce du financement de 9 500 dollars, les étudiants étaient complètement emballés par l’idée qu’on reconnaisse leur talent et leur voix , souligne Mme Bourgeault-Tassé, chargée de cours en rédaction à l’université.
C’était comme si un vent rugissait dans mon visage […] c’est une fierté extraordinaire que je ressens face à ces étudiants-là , lance-t-elle.
Je me suis sentie comme si j’avais une voix […] comme si ma voix est en train de faire des échos au Canada et en même temps au Burundi , souligne pour sa part Ally Ikorineza, une étudiante dont le texte figurera dans le recueil.

Ally Ikorineza espère que les lecteurs de son poème comprennent ce que signifie vivre entre deux cultures.
Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo
Mon texte parle de vivre entre deux cultures. […] Ce projet va me permettre d’exprimer ce que c’est que de se reconstruire quand on vit entre deux cultures , poursuit-elle.
Je suis l’héritière de racines profondes et la bâtisseuse d’un avenir nouveau. Je porte l’exil dans le cœur, mais aussi le courage de recommencer.
Pour Laurie Chabot, une étudiante originaire de Hearst, participer au projet est une occasion de revenir sur des événements qui ont marqué sa ville natale.
Elle fait allusion aux révélations du reportage d’enquête de Radio-Canada paru en 2023, qui exposait des prêtres et bénévoles du diocèse de Hearst-Moosonee, qui auraient commis des abus sexuels de 1950 à 2010.

Laurie Chabot admet que l'idée d'écrire un poème sur la vie après les révélations sur le diocèse de Hearst-Moosonee est née lors d'une conversation en groupe.
Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo
J’ai pensé que c’était important de parler de ça et de comment la vie a chamboulé quand les nouvelles sont sorties , renchérit-elle.
Elle n’a pas oublié ce qui l’a blessée, mais elle a appris qu’on peut guérir, avancer, et croire encore en quelque chose de beau, même quand tout semblait perdu un peu plus tôt.
À la lecture de son poème, Laurie Chabot espère que les lecteurs seront compréhensifs.
J’ai été baptisée et c’était un prêtre […] j’aimerais qu’ils soient un peu compréhensifs parce que oui, ce n’est pas nous qui avons été directement touchés, mais ça nous a quand même touchés , souligne-t-elle.
Le recueil devrait être rendu public à l’automne prochain.
Une initiative importante pour les arts
L’artiste Isabelle (Isa) Michaud, originaire de Sault-Sainte-Marie, a elle aussi reçu un appui de 4 000 dollars, dans le cadre de son projet.
Ça m’a frappé fort ! , s’exclame-t-elle, les larmes aux yeux.
Elle offrira un atelier de collage collaboratif qui abordera l’envol de la francophonie.

Isabelle Michaud est heureuse à l'idée de partager un moment de création autour d'une table avec les personnes qui participeront à son projet. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean
Le tableau sera réalisé par elle et les membres de sa communauté, et l’atelier fera l’objet d’un documentaire.
Depuis quelques années [à Sault-Sainte-Marie], il y a une belle ouverture du côté de la francophonie qui est importante pour nous, et on a besoin de s’identifier à ce que ça représente pour notre avenir maintenant , dit-elle.
Au total, 140 projets artistiques et communautaires provenant de part et d’autre de la province ont été reçus, dont 72 officiellement soumis et évalués par un jury indépendant.

Isabelle Michaud espère réaliser un tableau de 10 pieds par 12, constitué de collages réalisés par la communauté lors de l'atelier qu'elle organisera en avril.
Photo : Fournie par Isabelle Michaud
L’engouement autour de l’initiative a ravi Edith Dumont, lieutenante-gouverneure de l’Ontario.
Pour nous, c’est un signe que la francophonie ontarienne est bien vibrante et elle est très créative. […] Il y a beaucoup de talents en Ontario et il y avait certainement un grand intérêt à s’exprimer par rapport à la francophonie , précise-t-elle.
Les projets retenus sont divers, allant des textes à des murales, des tableaux, des documentaires, des chansons, ainsi que du théâtre.
Mme Michaud espère que davantage de programmes de subventions voient le jour en Ontario, pour soutenir l’art qui célèbre la francophonie.
Ici, au nord de l’Ontario, on est un petit peu isolés et ce n’est pas toujours facile d’avancer, alors quand on a des encouragements comme ça, c’est très très important pour nous, surtout en tant qu’artistes , dit-elle.

Edith Dumont souligne qu’elle a hâte de voir l’ensemble des projets retenus une fois qu’ils seront terminés.
Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo
Personnellement, quand une initiative porte autant d’énergie, moi, je pense que ça va inspirer d’autres partenaires. Alors, je ne serais pas surprise de voir qu’il y ait d’autres initiatives du même genre , répond la lieutenante-gouverneure de l’Ontario.
Mme Dumont indique que le but ultime est de faire vivre les projets en constituant une exposition.
C’est certainement de les rassembler pour ensuite en faire un collectif qui va pouvoir être entendu, vu et peut-être même le faire voyager à travers le Canada [et peut-être] à l’international.
L’ensemble des projets devraient être prêts d’ici le mois de juin 2026, pour ensuite être publiés sur un catalogue en ligne sur le site Franco50.ca (nouvelle fenêtre).


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