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La Maisonnée Mgr Doucet, une résidence pour personnes âgées autonomes à faible revenu à Grande-Anse, se voit contrainte de cesser d'offrir des services tels que les repas ou la buanderie. Ces services ne seront plus financés par la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick à partir du 31 mars.
La dizaine de résidents de la Maisonnée Mgr Doucet ont appris la mauvaise nouvelle lundi soir de la part du conseil d’administration.
Les émotions étaient encore à fleur de peau mardi matin, lors du passage de Radio-Canada Acadie.

Rose-Marie Kenny habite la Maisonnée Mgr Doucet de Grande-Anse depuis bientôt deux ans.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Rose-Marie Kenny est en colère de se voir privée des services, comme les repas, la buanderie ou la distribution de médicaments à la Maisonnée, et ce, dès le 31 mars.
On a eu du temps, hein? Trois semaines! Est-ce que c’est humain? Ce n’est pas humain pantoute, fulmine celle qui demeure dans cette résidence depuis bientôt deux ans.
La nouvelle de la cessation de services a été bien mal accueillie, ajoute-t-elle.
Ça braillait hier soir. C’est normal. Il y a du monde âgé de plus de 90 ans ici. Il y en a trois ou quatre. Où ils vont aller? Ça va les faire mourir.
Onde de choc
Pour Doris Desrosiers, dont le père est résident de la Maisonnée depuis bientôt trois ans, la nouvelle de lundi soir a été un choc.
Je suis très déçue, c’est sûr. J’ai de la peine, de la colère, c’est un peu un mélange de tout. C’est difficile. Et ça fait de la peine pour tout le monde ici, mentionne-t-elle, les larmes aux yeux.

Une photo des résidents à l'entrée de la Maisonnée Mgr Doucet de Grande-Anse.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
La Maisonnée Mgr Doucet de Grande-Anse, c’est 50 années de services communautaires auprès des aînés, rappelle la directrice générale de l'établissement, Karine Godin. Le retrait du financement provincial entraînera le congédiement de huit employés.
C’est de l’injustice. Oui, on nous a proposé des solutions, mais ce ne sont pas des solutions viables. Je peux vous dire que l’annonce d’hier soir était très émouvante. Les aînés, nos membres résidents et nos membres du personnel ont tous eu un choc. Personne ne s’y attendait, exprime-t-elle.
Selon la directrice générale, le problème vient du fait que la Société d'habitation du N.-B. ne relève plus du ministère du Développement social depuis 2023. La mission de la Société est de s'occuper des logements et non des services offerts.

Karine Godin, directrice générale, et Marguerite Haché, présidente du conseil d'administration de la Maisonnée Mgr Doucet de Grande-Anse.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Pour la présidente du conseil d’administration de la Maisonnée, Marguerite Haché, la pilule est difficile à avaler.
C’est triste. On se sent comme si on les abandonne. C’est pas ça qu’on voulait du tout. C’est une maison, c’est notre famille, confie-t-elle avec émotion.
Le concept de la Maisonnée, qui est de fournir un logement locatif à des aînés autonomes avec services, est unique dans la province, précise Karine Godin.
Aucune fermeture prévue, rassure la députée
La députée de Caraquet, Isabelle Thériault, rappelle que la Maisonnée n’est pas un foyer de soins, mais un immeuble à logements pour des personnes autonomes. C'est pourquoi elle ne peut plus recevoir de financement de la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick.
Elle a voulu se faire rassurante auprès des résidents.

La salle de repos de la Maisonnée Mgr Doucet de Grande-Anse.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Je tiens à rassurer les gens, malgré ce qui s’est passé sur les réseaux sociaux. Il n’y a aucune fermeture de l’établissement prévue. C’est pas vrai que les gens vont être à la rue, dit-elle.
Des équipes de la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick, du ministère du Développement social et du ministère des Aînés étaient sur place mardi pour évaluer la situation des résidents.
Les personnes autonomes qui voudront rester là pourront le faire avec un plan d’accompagnement et on verra si elles ont besoin de services. Celles qui ne sont plus autonomes, faudra les relocaliser vers un foyer spécialisé, précise la députée Isabelle Thériault.


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