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Après un déploiement de cinq mois dans les eaux de l’Europe de l’Est et de l'Europe centrale, en appui aux mesures d’assurance et de dissuasion de l’OTAN, le NCSM St. John’s a accosté samedi à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Les familles des marins ont sauté de joie lorsque, sous un soleil implacable, elles ont aperçu le navire glisser à l’horizon.
Bon retour, papa, annonçaient les pancartes que brandissaient fièrement des dizaines d’enfants, rangés au premier rang du quai, coiffés de bonnets de père Noël.
Cachée derrière une de ces pancartes particulièrement colorée, Melanie Delorey, épouse du maître de 2e classe Kevin Delorey, a évoqué le vide qu'a laissé le départ du père de ses deux garçons depuis le mois de septembre.
On est vraiment excité de le revoir. Il nous a beaucoup manqué, alors on est juste content d’être réuni en famille, surtout pour les fêtes, a-t-elle confié.
Je veux lui donner un câlin et aller à la maison. J’ai beaucoup de choses à lui raconter de l’école, parce que j’ai de nouveaux amis, a ajouté leur fils William.
Kevin Delorey a rejoint l'opération Reassurance à bord du NCSM St. John’s en cours de route.
Le navire est parti avec la majorité de l’équipage le 13 juillet dernier. Il est arrivé avec six heures de retard le 20 décembre, à cause de mauvaises conditions météorologiques.
Cinq minutes avant les retrouvailles
Les dernières minutes sont insoutenables pour la fiancée de l’un des militaires partis il y a plus de cinq mois, Nic Loewest.
C’est un peu comme de la torture. Il est tout proche, mais pas assez pour que je le serre dans mes bras, a-t-elle dit avec un rire nerveux.
En voyant le navire faire plusieurs allers-retours dans le port d’Halifax, elle a plaisanté qu’elle aurait préféré, à ce rythme, lui lancer une bouée pour qu’il la rejoigne.
Une ancienne de la Marine fière de son fils
Ce retard n’a pas inquiété la mère d’un autre marin, Sheila Leroux, qui a elle-même servi 24 ans dans la Marine canadienne.
Elle comprend bien l’imprévisibilité de la vie en mer.

Mère d'un des membres de l'équipage, Sheila Leroux, était très émue lorsqu'elle a revu son fils, parti il y a plus de cinq mois.
Photo : Radio-Canada / Agathe Boucart
C’est son premier déploiement. Ça fait six mois qu’il est parti, mais je sais qu'il a déjà dû traverser tellement de choses en mer. Je suis très fière de lui, en tant que mère, et en tant qu’ancienne de la Marine, a-t-elle déclaré avec un grand sourire.
Alors que le bateau s’est approché dans un grondement profond, Sheila a reconnu son fils parmi les 241 membres de l'équipage.
C’est beaucoup d’émotions. Très émouvant. Juste si bon de les savoir sains et saufs.
Premier baiser
Le premier militaire à descendre du bateau est arrivé juste à temps pour célébrer le sixième anniversaire de son plus jeune garçon ce samedi.
Il s'est dit très heureux de retrouver ses enfants et sa femme, à qui il a offert une rose.

Dès qu'il a mis le pied à terre, le premier militaire à descendre la rampe a embrassé sa femme, qui l'attendait avec leurs trois enfants.
Photo : Radio-Canada / Agathe Boucart
Une fin de mission difficile
Le premier maître de 1re classe André Normand, capitaine à bord du NCSM St. John’s, a décrit des conditions de navigation particulièrement difficiles, surtout au cours des deux dernières semaines.
Quand on est parti de la Norvège pour se rendre en Islande, il y avait beaucoup de vagues, du vent et des tempêtes. C’était assez difficile de dormir ou de rester assis sur une chaise sans bouger, a déclaré le capitaine.
Il a assuré que, hormis ces chamboulements, l’opération Reassurance s’est déroulée comme prévu.
L'objectif ce cette mission, c'est d'être capable de travailler avec d’autres marines et d’affirmer la présence des Forces canadiennes dans la Méditerranée et l’Arctique. Alors je pense qu’on a fait une bonne job, a-t-il dit, sûr de lui.

Le premier maître de 1re classe André Normand vient de réaliser sa dernière mission à vie à bord d'un navire de la Marine canadienne.
Photo : Radio-Canada / Agathe Boucart
Le capitaine a brièvement évoqué les exercices qui ont été réalisés au cours de la mission, notamment dans l’anti-sous-marin anti-aviation. Ces exercices représentent, selon lui, un entraînement complet qui les prépare à toute éventualité.
Sinon, nos conditions de vie sur le bateau sont bonnes. On a les meilleurs cuisiniers du monde à bord, alors ça garde le moral de l’équipage, a-t-il ajouté.
Le retour sur la terre ferme est un relâchement de stress pour le capitaine, qui vient d’achever sa dernière mission.


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