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Festival Présence autochtone : le partage des cultures en plein centre-ville

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Présentant un programme diversifié et des artistes autochtones venus des quatre coins du monde, le Festival Présence autochtone continue de s’imposer comme un incontournable de la saison estivale à Montréal.

En plus des films présentés dans plusieurs cinémas de la ville, le festival met au programme une foule de prestations et d’ateliers artistiques pour nourrir les liens entre Autochtones et allochtones au cœur de l’urbanité montréalaise.

À la place des Festivals, on trouve des danseurs, des marionnettes géantes, des kiosques d'artisans, des ateliers de bijoux, des activités de simulation de fouilles archéologiques ainsi qu'un studio photo. Le tout est proposé aux visiteurs curieux d’en apprendre plus sur les cultures autochtones, comme a pu le constater Espaces autochtones lors de son passage à la place des Festivals, dimanche dernier.

Présence autochtone en plein cœur de la ville

Martin Akwiranoron Loft, photographe mohawk et contributeur de longue date du festival, a vu l'événement prendre de l’expansion dans la ville, non seulement dans le site qu’il occupe, mais aussi auprès de son public.

Derrière son appareil à soufflet, il fait des portraits qui se retrouvent ensuite dans un grand livre qu’il prend soin d’expliquer aux visiteurs. Ses photos, prises avec le vieil appareil, racontent des histoires à travers le visage solennel de leurs sujets, et célèbrent la contribution unique de membres importants de la communauté autochtone à Montréal.

À gauche, un homme se tient derrière une caméra pointée vers la droite. À droite, une femme en régalia traditionnelle assise sur une chaise.

Martin Akwiranoron Loft photographie l'aînée Sedalia Fazio dans son petit studio, sous une tente du festival.

Photo : Radio-Canada / Éva Leblanc

Fidèle à son kiosque, le photographe regarde des prestations de danse traditionnelle de loin, et il souligne l’importance de cette célébration des cultures autochtones pour la population allochtone : Les jeunes garderont le souvenir d’être venus ici, d’avoir été respectueux, d’avoir honoré les chants, et ainsi de suite. [...] Pour dire que nous n’étions pas simplement des personnes déplacées, que nous sommes restés, que nous avons contribué, et que notre rôle dans l’histoire de ce territoire est indissociable à la façon que les gens vivent.

Cet événement apporte tant de joie et d'inspiration aux gens. Je pense que quiconque entend les chants, entend le tambour, eh bien, ils y répondent.

Braver la chaleur pour danser

L'affluence sur la place des Festivals semble donner raison au photographe. Les spectateurs sont principalement attirés par les prestations de danse en plein air.

Un enfant et une femme en régalia font une danse traditionnelle devant un groupe de chanteurs qui frappent sur un tambour.

L'aînée Sedalia Fazio en compagnie d'un jeune danseur

Photo : Radio-Canada / Éva Leblanc

Malgré la chaleur et l’humidité écrasantes, les danseurs, habillés de leurs régalias provenant de leurs nations respectives, présentent aux festivaliers des danses traditionnelles comme Women’s Traditional et Fancy Shawl. Ces performances sont accompagnées par la musique des Manitou Singers et des commentaires éducatifs des aînés Ray Deer et Sedalia Fazio, qui font rire la foule avec leurs plaisanteries.

Un groupe de personnes dansent en cercle.

Le public est invité à rejoindre les danseurs à certains moments, dans un esprit de connexion et d’apprentissage.

Photo : Radio-Canada / Éva Leblanc

Le musicien péruvien Pedro Diaz est membre des Manitous Singers. Il vient au festival depuis plus de 10 ans. Cet artiste a lui-même remarqué une augmentation de l’intérêt des visiteurs : les bilans des différents spectacles et présentations cinématographiques affichent régulièrement un fort achalandage.

Le public peut venir nous voir, poser des questions, constate-t-il. On essaie quand même d'expliquer l'importance du tambour, aussi un instrument de guérison et de danse. Et tout le monde essaie quand même de partager un peu des enseignements pour le public qui ne connaissent pas, tant en anglais qu'en français.

Ray Deer a présenté son petit-fils, qui dansait avec un manteau rouge, symbole connu de l’armée britannique pendant l’époque coloniale. Il a expliqué au public la signification historique de ce vêtement, qui avait été offert par les Anglais à leurs alliés autochtones comme reconnaissance pour leur héroïsme contre l’armée américaine dans la guerre de 1812.

Sans nous, vous seriez Américains! a-t-il lancé au public en riant.

L’apprentissage : objectif central du festival

L’artiste Nathalie Chantal, originaire de Wendake, en est à sa seconde année de participation au festival avec son entreprise Ahsohkwa. Elle dit que ce sont surtout des allochtones qui visitent son kiosque d’accessoires et de papeterie.

La possibilité de transmettre aux autres ses connaissances lui donne le goût de revenir à Présence autochtone. L’entrepreneuse fait part des occasions d'enseignement que lui permettent les rencontres qu’elle fait au festival, et elle salue l’humilité des visiteurs, qui sont contents de pouvoir en apprendre davantage sur les populations autochtones.

Une femme pose parmi de la marchandise à un kiosque de vendeur.

Nathalie Chantal est propriétaire d'Ahsohkwa, une entreprise d'accessoires établie à Wendake.

Photo : Radio-Canada / Éva Leblanc

Une équipe d’Archéo-Québec propose quant à elle une simulation d’excavation d’objets, et expose des répliques d’artefacts autochtones. L’atelier a pour but de nourrir un intérêt pour l’archéologie et l’histoire chez les enfants, en plus d’informer le public sur une diversité d’outils et d’objets qui étaient historiquement utilisés par les populations autochtones. L’artiste crie Deborah Ratt offre également des ateliers de fabrication de bijoux en perle aux intéressés.

Deux femmes de dos assises à une table.

Deborah Ratt à son kiosque. L'artiste crie suscite l'intérêt des passants, qui admirent son travail.

Photo : Radio-Canada / Éva Leblanc

De retour au studio sous la tente, le photographe Martin Akwiranoron Loft estime que ce sont les artistes autochtones qui permettent de créer ce lieu de partage et de rassemblement dans la ville. Quand les communautés, les artistes et les gens poussent tous dans la même direction, il y a une dynamique qui se crée, remarque-t-il. J'espère que cela ne fera que prendre de l'ampleur, s'agrandir et permettre aux gens de réaliser ces projets.

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