Bien sûr, il y avait eu l’étonnant Rechercher Victor Pellerin, l’émouvant Les signes vitaux ou encore l’engagé Antigone. Mais en 2025, Sophie Deraspe réalisait, à travers un film, un fantasme assez commun : celui de pouvoir tout quitter pour enfin vivre en communion avec la nature.
Comment ne pas rêver de ralentir le rythme?
Il y a en effet quelque chose de follement inspirant à voir Mathyas, héros de Bergers, quitter sa vie de publicitaire montréalais pour aller s’installer dans les Alpes françaises et y devenir éleveur de brebis. Finies la frénésie et la surconsommation, bonjour les verts pâturages et l’apaisement. Bien sûr, tout ne sera pas si rose, mais de savoir que le film est adapté du roman autobiographique D’où viens-tu, berger?, publié en 2006 par Mathyas Lefébure, donne encore plus de relief et de plausibilité à ce rêve que nombre d’entre nous partagent.

Le dernier film de Sophie Deraspe a été présenté en première mondiale au TIFF cette année. Photo : Avec l'autorisation du TIFF
Le premier film de Sophie Deraspe, Recerhcher Victor Pellerin, s’amusait à brouiller les frontières entre documentaire et fiction. Par la suite, son cinéma de fiction n’a cessé de s’abreuver au documentaire pour approfondir encore tant la beauté du réel que la richesse des émotions.
Bergers est tourné dans les superbes paysages d’Arles, en Provence, et de Beaufort, dans les Alpes.
Ce sont de vrais troupeaux, de vrais bergers (dont les visages burinés paraissent presque à eux seuls des décors de cinéma), et les étendues à perte de vue aident assurément le film à s’élever au-dessus du plancher des vaches pour mieux toucher à une forme de spiritualité bienvenue, grâce notamment à une magnifique photographie signée Vincent Gonneville.
Bien sûr, pour habiter ces décors de rêve, il fallait un acteur à la hauteur. Si on l’avait vu dans quelques séries à la télévision (comme Fragments), Félix-Antoine Duval trouve avec Bergers son premier grand rôle au cinéma. Une tendance dans le cinéma de Sophie Deraspe, qui avait déjà révélé ainsi Nahéma Ricci (Antigone) et Marie-Hélène Bellavance (Les signes vitaux).
Avec aplomb, Duval est donc notre guide au sein de ce récit d’émancipation par le retour à la terre, un guide qui ne baisse jamais les yeux devant les difficultés bien réelles et comprend, avec justesse, combien la survie de certains métiers traditionnels ne tient pas qu’à un coup de tête.
La bande-annonce (source : YouTube)


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