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Moins d’un mois après l’ouverture du pont international Gordie-Howe à la circulation, des fautes de français relevées dans sa signalisation sont toujours en place. L’Autorité du pont Windsor-Détroit (APWD) affirme avoir entrepris un examen de l’ensemble des panneaux afin de vérifier leur conformité à la Loi sur les langues officielles.
L’APWD indique que des mesures correctives appropriées seront prises au besoin à l’issue de cet examen.
Nous sommes au courant des préoccupations concernant certains panneaux de signalisation sur la voie multi-usage, a indiqué l’Autorité par voie de courriel le 10 août. Elle n’a toutefois pas précisé depuis quand elle avait connaissance de ces erreurs. Radio-Canada les a découvertes le 18 juillet dernier.
La signalisation fautive était toujours en place ce dimanche. En plus de la traduction fautive en français de To U.S., un autre panneau indique que l'utilisation du voie Multi-Usage se fait à vos propres risques.
L’APWD procède à la vérification conjointement avec son partenaire privé américain, Bridging North America, selon les informations transmises à Radio-Canada. La société d’État affirme prendre cette affaire au sérieux et être fermement engagée à se conformer aux obligations de la Loi sur les langues officielles.

Un épisode d’orages survenu le 10 juillet a déjà forcé la fermeture temporaire de la voie multi-usage.
Photo : Radio-Canada / Mohammed Aziz Mestiri
Qu’exige la Loi sur les langues officielles?
En vertu de la Loi sur les langues officielles, les institutions fédérales du Canada, incluant les sociétés d’État telles que l’APWD, ont l’obligation de communiquer avec le public dans les deux langues officielles du pays, le français et l’anglais.
Aucun article de la loi ne mentionne explicitement les exigences quant à la signalisation en matière de mobilité, si ce n’est que les panneaux et enseignes signalant les bureaux d’une institution fédérale doivent être dans les deux langues officielles, ou placés ensemble de façon que les textes de chaque langue soient également en évidence.
La qualité des écrits dans les deux langues n’est pas non plus explicitée dans le texte législatif. Il y est indiqué dans l’objet de la loi une égalité de statut et une égalité de droits et privilèges quant à leur usage dans les institutions fédérales.
Une exigence de qualité égale
La commissaire aux langues officielles du Canada, Kelly Burke, indique ne pas pouvoir se prononcer sur un cas précis ni déterminer s’il constitue un manquement à la Loi sans avoir reçu une plainte et en avoir évalué la recevabilité.
Si [une plainte] est jugée recevable, j’utiliserai le pouvoir le plus approprié mis à ma disposition pour amener l’institution fédérale à se conformer à ses obligations. Je tiens toutefois à rappeler que je m’attends à ce que toutes les organisations assujetties à la Loi respectent leurs obligations linguistiques en tout temps.
En 2024, l’APWD a fait l’objet de cinq plaintes auprès du Commissariat aux langues officielles. Les parties plaignantes alléguaient que la société d’État n’avait pas respecté leurs droits linguistiques dans ses communications via les médias numériques et ses services téléphoniques. Le contenu n’était offert qu’en anglais dans plusieurs cas.
Dans son rapport préliminaire sur la question, le commissaire aux langues officielles de l’époque, Raymond Théberge, avait indiqué que toutes les communications devaient être diffusées simultanément et être de qualité égale dans les deux langues officielles.


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