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ON A ÉCOUTÉ POUR VOUS - Deux mois après avoir annoncé son départ de «La Bande originale», l’animateur revient à l’antenne, avec une nouvelle émission «Les ailes de géant».
Passer la publicité Passer la publicitéIl ne sera pas resté longtemps éloigné des micros de France Inter. Deux mois après avoir annoncé son retrait de son émission culte La Bande originale, Nagui est revenu sur l’antenne de la station publique pour présenter un nouveau programme. Diffusé à 13h20, «Les ailes de géant» est une conversation de fond de quarante minutes, articulée autour du parcours singulier - échecs, réussites - de son invité. «Chaque émission explore comment notre invité a déployé ses ailes malgré le regard des autres pour faire d’une différence une force qui fait rêver», promettait Nagui dans une interview au Parisien.
C’est le comédien Pierre Arditi, qui a inauguré ce samedi à 13h20 la formule, mélange de promotion classique et de souvenirs beaucoup plus personnels et intimes. Enjoué, Nagui a d’abord rendu hommage au poème de Baudelaire, L’Albatros, qui donne son nom à l’émission. L’animateur de «N’oubliez pas les paroles» a d’abord questionné le comédien de 81 ans sur son actualité. En l’occurrence la reprise au théâtre parisien Édouard VII de la pièce culte de Florian Zeller, Le Père . Pierre Arditi joue un vieil homme perd peu à peu la raison et refuse l’aide de sa fille, jouée par Isabelle Carré.
Émission chaleureuse et à cœur ouvert
Un sujet délicat pour l’acteur puisque cela le renvoie aux dernières années de vie de son père artiste peintre, atteint de la maladie d’Alzheimer. «On ne peut pas mettre sa vie de côté quand on incarne quelqu’un. La fragilité, c’est d’être capable d’avoir des sentiments, et de les exacerber», souligne Pierre Arditi, confirmant à Nagui qu’il a toujours eu du mal à tolérer sa voix et son physique. Le Père est d’autant plus spécial que la pièce avait été au départ incarnée par le héros et idole de Pierre Arditi : Robert Hirsch. «Quand j’ai découvert Robert dans Le Père, j’avais une soixantaine d’années, j’étais encore un petit peu jeune, et j’étais en larmes», confie Pierre Arditi après une longue pause silencieuse. Et de mettre Nagui en garde : «Faut pas appuyer sur le bouton, les larmes ça peut remonter vite».
Pourtant l’animateur va presque y arriver par deux fois. Notamment lorsqu’il va revenir au cœur de son concept : les échecs. Et pour Pierre Arditi, un de ces manquements les plus criants a été son rôle de père. «il y a toute une série de choses dont je ne me suis pas occupé à un moment où il aurait fallu que je m’en occupe. Mon fils, par exemple. Sa mère et moi étions de jeunes acteurs. Il a souvent été chez ses grands-parents. Il en a souffert. On l’aimait par-dessus tout. mais il nous attendait et nous n’étions pas vraiment là», regrette Pierre Arditi, «Petit, mon fils m’a demandé des baisers et des marques d’affection que je n’ai pas donnés. C’est un chancre, à l’intérieur de moi, ça ne s’effacera jamais».
Le comédien de Smoking/No Smoking d’Alain Resnais est également revenu sur ses pensées sur la mort. «Je ne comprends pas pourquoi vous allez continuer après moi», a protesté Pierre Arditi. «Ne m’oubliez pas trop vite», a-t-il enjoint aux auditeurs, avant de reprendre à son compte les fameuses paroles de François Mitterrand. «Je crois aux forces de l’esprit, je ne vous quitterai pas. Je prends cette phrase comme un testament qui pourrait être le mien», a expliqué Pierre Arditi avant de rendre l’antenne au terme d’une émission chaleureuse et à cœur ouvert.
Ceci dit, le format offre à Nagui la possibilité d’aller encore plus loin dans les recoins de l’âme des invités. Le volet promotionnel gagnerait peut-être à être encore plus discret pour tenir cette promesse d’introspection des réussites et des échecs d’une carrière et d’une vie.


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