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« Faut être psychopathe pour faire ça » : Le déni de l’animateur du périscolaire parisien jugé pour agression sexuelle

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France 27/05/2026 07:55 Actualisé le 27/05/2026 07:56

À la barre, le trentenaire affirme n’être « pas du tout concerné » par les dénonciations. Trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, ont été requis.

Par Maïwenn Furic avec AFP

EN BREF Le premier procès public d’un animateur accusé d’agressions sexuelles s’est tenu mardi 27 mai à Paris.
S’il a reconnu des maladresses, l’homme d’une trentaine d’années a récusé les accusations mais s’est trouvé pris en défaut par certaines déclarations.
Trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, ont été requis. Le verdict est attendu le 7 juillet.

Le premier procès public du scandale de violences sexuelles dans le périscolaire parisien s’est déroulé ce mardi 26 mai. L’animateur de 36 ans, suspendu depuis 2025 après des signalements, comparaissait pour « agression sexuelle sur un mineur de 15 ans », au préjudice de neuf enfants âgés de 3 à 5 ans au moment des faits, pour « harcèlement sexuel » sur deux animatrices et agression sexuelle sur l’une d’entre elles.

Interrogé pendant une heure trente à la barre, le prévenu a démenti avec aplomb tout geste sexuel car « faut être psychopathe pour faire ça ». Il a fait preuve d’une décontraction déconcertante au vu de la gravité des faits qui lui sont reprochés. Le président a d’abord dû lui rappeler de ne « pas mettre les mains dans les poches » de son jean, puis, la procureure a relevé un « décalage » entre le contenu du dossier et les déclarations de l’homme, qui ne se souvient d’à peu près rien, rapporte Le Monde.

« Pas du tout concerné » par les dénonciations, il ne concède que d’éventuelles « maladresses » par « manque de formation », comme avoir porté des enfants dans ses bras ou sur ses genoux, ou avoir recouru à des surnoms affectueux - « mon amoureuse », « ma chérie », « mon bébé »

« David, tu aurais pas dû laisser des enfants sur tes genoux »

« Quand je travaillais dans cette école, c’est vrai que je me suis pas du tout douté que des fois des gestes mal placés pouvaient du coup exercer certaines idées d’attouchements. C’est par la suite que je me suis repris, je me suis dit “David, tu aurais pas dû laisser des enfants sur tes genoux, ça peut laisser penser à des faits sexuels” », argumente le trentenaire.

Dans ce dossier sans adulte témoin direct ou éléments matériels catégoriques, l’accusation contre l’animateur périscolaire repose essentiellement sur les témoignages concordants d’enfants de 3 à 5 ans faisant état, avec les mots de leur jeune âge, d’attouchements de sa part sur leurs parties intimes.

Une fillette a raconté que « David » lui touchait les fesses avec une cuillère dans la bibliothèque de l’école. Dans ce défilé, une maman témoigne devant les juges du changement radical de comportement de son fils de trois ans, un mois après son entrée à l’école en 2024. « On avait un enfant qui disait “est-ce que je vais au goûter ?”. C’était la première question de la journée. Et si c’était oui, c’était une heure de hurlements, on devait presque le tirer de force », dit-elle. Dans l’assemblée, le père pleure. L’accusé avait la charge à l’heure du goûter.

Une « jovialité » qui semble « artificielle » selon l’expertise psychologique

L’ancien animateur parisien s’est empêtré dans ses contradictions à la barre. Il a par exemple affirmé n’avoir jamais eu la charge d’enfants de petite section. La responsable des animateurs de cette école du XIe arrondissement a pourtant assuré l’avoir déplacé chez les moyens après une première alerte, rapporte Le Monde. « Je n’ai presque jamais vu cet enfant », « je ne jouais pas avec elle », « je n’ai jamais été seul avec un enfant », « je n’ai jamais porté un enfant dans mes bras », s’est-il défendu.

« Un enfant de maternelle n’invente pas une scène d’abus sexuels. Un enfant peut se tromper sur des détails, jamais sur la nature des faits », a plaidé Rebecca Royer, avocate de la majeure partie des parties civiles avec Hannah Kopp.

L’expertise psychologique a souligné une « jovialité » qui, au regard des faits, semble « artificielle ». L’homme répond qu’il « s’entend très bien avec les psychologues » lorsque le président lui demande s’il a profité de son suivi pour faire une introspection.

Trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, avec exécution provisoire, ont été requis. Le tribunal a mis la décision en délibéré au 7 juillet. Depuis début 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, des chiffres traduisant un caractère « systémique », selon le nouveau maire Emmanuel Grégoire.

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